Modifié : 16 octobre 2026 à 20h28 par
Johan Gesrel

Montauban : 250 images pédopornographiques sur le téléphone d'un animateur scolaire

Un animateur intervenant à l'école maternelle Hugues-Panassié à Montauban (Tarn-et-Garonne) a été placé sous contrôle judiciaire après une enquête ouverte pour tentative de corruption de mineur par voie électronique. Son contrat a été rompu par la municipalité.

Le couloir d'une école - Illustration.
Le couloir d'une école - Illustration.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM

 

Un animateur de 27 ans intervenant à l'école maternelle Hugues-Panassié de Montauban (Tarn-et-Garonne) devra comparaître à la mi-novembre devant le tribunal correctionnel. Il est poursuivi pour tentative de corruption de mineur par une personne mise en contact avec la victime par un réseau de communication électronique, diffusion de messages pornographiques impliquant un mineur et détention d'images pédopornographiques.
 
Selon nos informations, cet animateur, recruté fin août et encore en période d'essai, intervenait auprès des 45 enfants scolarisés dans l'établissement. Prévenue des faits qui lui sont reprochés, la collectivité a mis fin à son contrat ce jeudi 15 octobre 2026. Sa dernière intervention en milieu scolaire remontait au lundi 12 octobre. Lors de son recrutement, son extrait de casier judiciaire était vierge de toute condamnation et aucun élément ne s'opposait à son embauche. Durant les sept semaines où il est intervenu dans l'école, il n'aurait jamais été seul avec les enfants mais systématiquement accompagné d'un autre adulte. Les faits reprochés ne concernent pas l'école de Montauban.
 

Une enquête ouverte après un signalement

Jointe par TOTEM, la procureure de la République de Montauban, Karline Bouisset, confirme nos révélations : "J'ai été saisie lundi 12 octobre 2026 à la suite d'un signalement émanant de la direction de la jeunesse et des sports au sujet de la tentative de corruption de mineurs par un réseau de communication électronique", précise la magistrate. Une enquête a été confiée à la brigade de recherches de Castelsarrasin. L'animateur a été identifié puis placé en garde à vue mercredi avant d'être présenté au parquet ce vendredi 16 octobre 2026. Il devra comparaître devant le tribunal correctionnel dans le cadre d'une comparution à délai différé à la mi-novembre.
 

Près de 250 images pédopornographiques découvertes

Selon Karline Bouisset, les poursuites portent sur plusieurs infractions : "tentative de corruption de mineur par une personne mise en contact avec la victime par un réseau de communication électronique, diffusion de messages pornographiques impliquant un mineur et détention d'images pédopornographiques." Les investigations ont permis la saisie d'environ 250 images pédopornographiques sur le téléphone du suspect. Les faits de détention d'images concerne une période entre le 12 septembre et le 12 octobre 2026. La procureure souligne que l'affaire est exclusivement liée à des échanges numériques. "Les faits qui lui sont reprochés n'ont pas de lien avec ses activités au sein de l'école", indique-t-elle.
 

Un précédent signalement

L'homme de 27 ans ne possède aucun antécédent judiciaire ni condamnation inscrite à son casier. Toutefois, la procureure révèle qu'il avait déjà fait l'objet par le passé d'un signalement pour des faits similaires. "Fort heureusement, il n'avait pas eu le temps de passer à l'acte, de sorte qu'il n'y avait pas d'infractions susceptibles d'être caractérisées", explique Karline Bouisset. Selon nos informations, l'animateur a également exercé par le passé dans la ville de Montech. 
 
Dans l'attente de son procès, le mis en cause a été placé sous contrôle judiciaire avec plusieurs obligations : interdiction d'entrer en contact avec des mineurs, interdiction d'exercer une activité impliquant un contact habituel avec des enfants, obligation de soins, expertise psychiatrique et pointage deux fois par semaine auprès de la brigade de gendarmerie la plus proche de son domicile.
 

Un courrier envoyé aux parents d'élèves

Les parents d'élèves de l'école maternelle Hugues-Panassié ont été destinataires d'un courrier de la Ville de Montauban les informant de la situation. La municipalité indique avoir été prévenue par les services compétents d'une région voisine de l'existence d'une enquête visant un agent intervenant dans l'établissement scolaire. Dans ce message, elle assure qu'"aucun élément n'est en lien avec l'exercice de ses fonctions au sein de l'école ; les faits concernent des activités en ligne". Dans ce courrier, la municipalité rappelle que "la sécurité et la protection des enfants constituent une priorité absolue" et indique ne pas être en mesure de communiquer davantage d'éléments afin de respecter la présomption d'innocence et le bon déroulement de la procédure judiciaire.
 
Cette affaire hautement sensible risque de susciter de nombreuses réactions aux vues des récents scandales dans le milieu périscolaire en région parisienne et suite à l'affaire de la petite Lyhanna.