Publié : 20 mai 2026 à 22h40 par
Johan Gesrel

Montauban : le bus du cœur prend le pouls des femmes

Le Bus du Cœur des Femmes s’installe à Montauban (Tarn-et-Garonne) du mercredi 20 au vendredi 22 mai 2026 sur l’esplanade des Fontaines. Cette opération nationale de prévention propose un dépistage cardiovasculaire gratuit dédié aux femmes, avec la mobilisation de nombreux professionnels de santé locaux.

Les élèves infirmières de l'IFMS de Montauban ont contribué au bus du coeur des femmes.
Les élèves infirmières de l'IFMS de Montauban ont contribué au bus du coeur des femmes.
Crédit : Johan GESREL.
En France, toutes les sept minutes, une femme décède d’une maladie cardiovasculaire. Un chiffre qui illustre des retards de diagnostic encore fréquents, liés à une méconnaissance des symptômes, à un dépistage insuffisant et à un recours tardif aux soins. C’est dans ce contexte que le Bus du Cœur des Femmes fait étape à Montauban (Tarn-et-Garonne) du mercredi 20 au vendredi 22 mai 2026, sur l’esplanade des Fontaines.
 

Une urgence de santé publique au féminin

Portée par la fondation Agir pour le Cœur des Femmes, cette opération nationale vise à détecter précocement les risques cardiovasculaires et gynécologiques. En deux heures, les participantes bénéficient d’un parcours de santé complet en dix étapes, avec une vision globale de leur état de santé. « 82 % des femmes ne s’occupent pas de leur santé, elles s’occupent de celle des autres », explique Thierry Drilhon, cofondateur de la fondation Agir pour le Cœur des Femmes. « Aujourd’hui, le plus fort taux d’augmentation de l’infarctus concerne les femmes autour de 30 ans. Il y a une urgence sociétale et médicale à agir », ajoute-t-il.
 

Un parcours de dépistage complet et coordonné

Tout au long de la journée, des professionnels de santé bénévoles – médecins, infirmiers, sages-femmes ou encore cardiologues – se relaient pour accompagner les patientes. Glycémie, cholestérol, électrocardiogramme, consultation gynécologique ou encore entretien avec une diététicienne : chaque étape permet d’identifier d’éventuels facteurs de risque. Lucie, 23 ans, a participé au parcours sans inquiétude particulière. « On vous prend la glycémie, le cholestérol, on fait un électrocardiogramme. À la fin, un médecin fait le point », témoigne-t-elle.
 
La majorité des femmes présentes ont été orientées par l'Assurance Maladie. En cas de risque identifié, une ordonnance ou une prescription est remise afin d’assurer un suivi médical adapté. Hélène, 90 ans, est venue de son propre chef depuis Montauban. « Je suis un peu cardiaque. J’ai vu le cardiologue, c’est ce que je voulais », confie-t-elle.
 

"La charge mentale est beaucoup plus délétère sur une artère de femme"

Nouveauté en 2026, la Maison de l’Automesure Tensionnelle permet aux femmes d’apprendre à surveiller leur tension à domicile. Maeva, étudiante infirmière à Montauban, accompagne les participantes. « Une tension élevée peut abîmer les petites artères et provoquer d’autres problèmes », rappelle-t-elle.
 
Au-delà des facteurs classiques comme le cholestérol ou la sédentarité, l’autre facteur de risque, c’est la vie quotidienne des femmes souligne Thierry Drilhon, le cofondateur de la fondation Agir pour le Coeur des femmes : « Ce sont des supers épouses, ce sont des supers mamans et puis ce sont des supers organisatrices de la vie familiale et tout ça crée un niveau de charge mentale que n'avaient pas nos arrières grands-mères et nos grand-mères. Et la charge mentale est beaucoup plus délétère sur une artère de femme que sur une artère d'homme. »
 
Depuis sa création, le Bus du Cœur des Femmes a déjà permis de dépister plus de 28 000 femmes en France.