Publié : 21h21 par Stéphane Jacquemin
Meurtre de Justine Vayrac : que retenir des deux premiers jours d'audience ?
Trois ans et demi après la disparition de Justine Vayrac, jeune femme de 20 ans originaire de Tauriac (Lot), le procès de Lucas Larivée s’est ouvert lundi 16 mars devant la cour d’assises de la Corrèze, à Tulle (Corrèze).
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/ghkOL68kap/image/JUSTINE_PROCES_LUCAS_DOSSIER1773774784217.jpg)
Une salle comble pour l’apparition de l’accusé
Lundi matin, le prévenu de 24 ans est apparu dans le box, le visage marqué, le regard fuyant. Interrogé sur les faits, Lucas Larivée a déclaré ne reconnaître qu’un seul chef d’accusation : le meurtre.
Son parcours, sa personnalité et son rapport aux femmes ont été longuement évoqués. Il se décrit comme un ancien enfant « proche de la limite », ayant consulté un psychologue jeune, et affirme avoir eu des relations « normales » avec ses partenaires, avec une grande importance accordée à la fidélité.
Un expert psychologue a souligné sa « froideur affective », un trait que l’accusé reconnaît.
Moment marquant de la matinée : l’avocat des parties civiles interroge Lucas Larivée sur le prénom d’un membre de sa famille — sa sœur, gendarme, qui porte le prénom de Justine.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/ghkOL68kap/image/JUSTINE_PROCES_LUCAS_FOULE1773774499438.jpg)
Un profil qui interroge les experts
Les experts psychologues et psychiatres ont dressé un portrait particulièrement déroutant du prévenu.
Décrit comme un fêtard consommant beaucoup d’alcool, un « homme à femmes » revendiquant un grand nombre de relations, son parcours sentimental apparaît marqué par des relations d’abord séduisantes puis dégradées, où plusieurs anciennes compagnes évoquent des accès de jalousie et des comportements de contrôle.
Des analyses psychologiques alarmantes
Les psychiatres ne relèvent pas de pathologie psychotique, mais décrivent une personnalité impulsive, peu empathique, centrée sur elle‑même et tolérant mal la frustration.
Un spécialiste parle même d’un profil pouvant « relever de la psychopathie », terme contesté par la défense. Selon les experts, l’accusé présente une tendance aux ruptures brusques lorsque ses attentes ne sont pas satisfaites.
Larmes au box : les parents et proches à la barre
Lundi après‑midi et mardi matin, les proches de Lucas Larivée ont livré des témoignages bouleversants.
Le père, agriculteur, décrit un enfant vif, attaché à lui, mais parfois difficile. Face aux faits reprochés, il confie avoir d’abord refusé de voir son fils en détention avant de changer d'approche:
« Je lui ai dit que jamais de la vie je ne l’excuserai de ce qu’il s’est passé mais jamais de la vie je ne le renierai »
Visiblement affaiblie, la mère explique vivre « en survie » depuis octobre 2022, sous traitement et concentrée sur l’éducation de son plus jeune fils. Elle reconnaît le nombre important de relations de son fils, mais refuse de se prononcer sur sa culpabilité. La présidente de la cour a toutefois noté qu’aucun mot n’avait été adressé à la famille de la victime.
Témoignages de l’ex‑compagne et du coach
L’ex‑compagne décrit une relation d’abord affectueuse puis marquée par des propos humiliants et des comportements intrusifs après leur rupture. Le coach du club de Beynat se souvient d’un Lucas Larivée « fermé » le dimanche des faits, silencieux, venu voir un match alors qu’il n’était pas convoqué. Un comportement inhabituel.
Mardi après‑midi : le récit long et contesté de l’accusé
Pour la première fois depuis l’ouverture du procès, Lucas Larivée a livré sa version détaillée des événements survenus dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022. Pendant près de trois heures, le jeune homme a tenté d’expliquer aux jurés ce qu’il dit avoir vécu.
D’une voix hésitante, il affirme avoir croisé Justine Vayrac à la sortie d’une boîte de nuit briviste, puis l’avoir raccompagnée chez lui, à Beynat. Selon lui, un moment intime « consenti » aurait eu lieu. Il assure avoir constaté ensuite que la jeune femme ne réagissait plus, disant « ne pas comprendre ce qu’il s’était passé ».
« Je ne sais pas le pourquoi du comment mais… elle était décédée (...) J’ai d’abord pensé que c’était par rapport au coup de poing que j’avais mis mais au final ce n’était pas ça(...) Pendant la relation, j’avais mis ma main autour de sa gorge mais j’ai dû serrer trop fort »
L’accusé décrit alors le déplacement du corps, son transport jusqu’à un chemin isolé, sa dissimulation dans une excavation à l'aide d'un engin agricole.
« Une fois que je l’avais enterrée je ne pouvais plus faire machine arrière ».
De retour à son domicile, Lucas Larivée nettoie les traces de sang dans sa chambre, brûle les effets personnels de la jeune femme, prend une douche. Il va alors chercher une amie avec qui, il a deux rapports sexuels sur le même lit où est décédée Justine.
Lucas Larivée reconnaît également avoir ensuite tenté d’adopter un comportement qu’il qualifie aujourd’hui de « normal », allant jusqu’à envoyer un message sur le téléphone de Justine pour faire croire qu’il s’inquiétait de sa disparition.
Il dit regretter ses décisions : "ce qui s’est passé, c’est impardonnable. J’aurais dû appeler les pompiers ou la gendarmerie" mais explique que ses choix ont été guidés par « la peur » et une volonté de se protéger.
Une version incompatible avec l’autopsie
Un point majeur du dossier a été rappelé par la présidente : l’autopsie conclut à une strangulation par lien, un élément matériel qui contredit directement la version du prévenu.
Une cordelette nouée a été retrouvée autour du cou de la jeune femme. Interrogé sur cette découverte, Lucas Larivée a évoqué une hypothèse jugée très peu crédible par la présidente, expliquant que le lien aurait pu s’enrouler autour du cou de la victime lors du déplacement du corps.
Le procès se poursuit jusqu’à vendredi. Lucas Larivée encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/totem/images/logo_7Wsh76Ykog.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ghkOL68kap/image/AdobeStock_4512512261750771230394-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/radios/totem/import/images/phototheque/departements/Figeac.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ghkOL68kap/image/10000149831773742243187-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/radios/totem/import/images/phototheque/routes-trafic/Pompiers-2.jpg)