Modifié : 27 juillet 2026 à 20h23 par
Johan Gesrel

Mégafeu en Gironde : "on se sent un peu dépassé", témoigne un pompier du Lot

Ce lundi 27 juillet 2026, plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers du Lot sont engagés en renfort sur les incendies qui ravagent la Gironde. De retour d'une mission de 72 heures, le lieutenant Jean-Baptiste Fournet, chef du centre de secours de Figeac (Lot), raconte une expérience inédite face à un feu d'une ampleur exceptionnelle.

Les pompiers du Lot lors d'une formation feu de forêt.
Les pompiers du Lot lors d'une formation feu de forêt.
Crédit : © Jean-Michel Bigou - Les Pompiers du Lot

Mobilisés dès le vendredi 24 juillet 2026 au soir, dix-huit sapeurs-pompiers lotois ont pris la route de la Gironde pour participer à la lutte contre l'un des plus importants incendies de forêt de ces dernières années. Parmi eux, le lieutenant Jean-Baptiste Fournet, chef du centre de secours de Figeac (Lot), engagé comme chef de groupe sur le front du feu. À leur arrivée au centre de secours de Mérignac, les équipes lotoises ont été intégrées au dispositif de lutte contre l'incendie qui sévit notamment dans le secteur de Saumos, au nord-ouest de Bordeaux. Selon le SDIS du Lot, ce feu a déjà parcouru plus de 42.000 hectares et provoqué l'évacuation de plus de 220.000 personnes.
 
Les missions confiées aux pompiers lotois étaient principalement orientées vers la protection des zones habitées. "Nous avons essentiellement participé à des missions de défense de points sensibles. Il s'agit de protéger des maisons, des écoles ou des sites stratégiques à l'interface entre la forêt et les habitations", explique Jean-Baptiste Fournet, lieutenant et chef du centre de secours de Figeac.
 
Les sapeurs-pompiers ont également été déployés sur des « lignes d'appui », des dispositifs destinés à freiner la progression des flammes. "C'est un peu le point de rendez-vous avec le feu. On anticipe sa propagation et lorsque les flammes arrivent sur nos positions, l'ouverture simultanée des lances permet de casser son intensité pour éviter qu'il ne se propage davantage", détaille-t-il.
 

"Cela impose beaucoup d'humilité et d'adaptabilité"

Au-delà de l'aspect opérationnel, c'est surtout l'ampleur du sinistre qui a marqué le chef de groupe lotois. "Sur le plan professionnel, c'est une expérience très enrichissante. Mais malgré notre préparation et nos moyens, face à un événement de cette ampleur, on se sent un petit peu dépassé par la puissance que cela représente. Cela impose beaucoup d'humilité et d'adaptabilité."
 
Le lieutenant reconnaît n'avoir jamais été confronté à un incendie d'une telle intensité. "Un feu de cette ampleur, de cette puissance, c'était une première expérience pour moi." Pendant près de trois jours, les équipes se sont relayées sans relâche dans des conditions difficiles, entre chaleur, fumées et fatigue accumulée. Pour autant, l'officier retient surtout l'élan de solidarité observé sur le terrain. "Tous les collègues sont fiers d'avoir participé à cet effort collectif et d'avoir pu aider nos collègues girondins. C'est grâce à cette solidarité nationale que, progressivement, on arrivera peut-être à maîtriser cet incendie gigantesque."
 

L'émotion face à l'accueil des habitants

Au milieu de la catastrophe, certains gestes ont particulièrement marqué les secours venus de toute la France"Voir des habitants eux-mêmes sinistrés mettre en place des lieux d'accueil pour que l'on puisse se reposer et s'alimenter, cela fait chaud au cœur. Je tiens à remercier toutes les populations des communes où nous avons été accueillis."
 
Relèvé ce dimanche 26 juillet 2026 après un engagement initial de 72 heures, Jean-Baptiste Fournet sait que d'autres pompiers lotois ont déjà pris la relève sur place. Alors que l'incendie reste actif et que les conditions météorologiques demeurent déterminantes pour les jours à venir, son message est simple."Ce que l'on peut souhaiter à ceux qui sont encore engagés, c'est du courage et surtout une météo plus favorable. Si les conditions restent les mêmes, cela risque d'être compliqué pendant encore plusieurs jours."