Modifié : 22 juillet 2026 à 19h35

"Les Américains n'aiment pas le foot"

Philippe Galzin, le Lozérien que l'on a appelé "l'homme aux 13 finales" de Coupe du Monde en a désormais vu une 14ème. Il nous livre son sentiment sur ce nouveau voyage en ballon.

Philippe Galzin Coupe du Monde 2026
Philippe Galzin (aux côtés de son ami Stéphane) au stade à Dallas pour le match France/Espagne
Crédit : Philippe Galzin

Une 14ème Coupe du Monde dans l’album souvenirs de Philippe Galzin … Il s’agit de ce Lozérien qui a vu tous les Mondial de foot depuis 1974 et notamment toutes les finales. Cette fois-ci, la surenchère des tarifs et la billetterie numérique avaient contraint Philippe à lancer un appel public pour obtenir des places. Il a pu voir 3 matchs ,et a donc assisté à l'élimination de la France face à l'Espagne, à la demi-finale Angleterre/Argentine, et à la grande finale où l'Argentine a été victime pour lui du même piège que les Bleus, tendu par l'Espagne qui "a confisqué le ballon" à ses deux derniers adversaires. 

"Tout le monde met des maillots mais ça manque de passion"

Vous le savez si vous avez écouté notre série de podcasts qui lui est consacrée, Phillipe Galzin part généralement voir au moins une demi-douzaine de rencontres pour amortir le déplacement. Au vu des prix cette fois-ci, il a donc suivi la majeure partie du tournoi comme nous tous, devant son écran. Pour le fan de foot qu’il est, le vernis de la télé s’est un peu craquelé sur place, et sans surprise. "J'avais déjà vu une Coupe du Monde aux Etats-Unis en 1994, je savais à quoi m'attendre : les Américains n'aiment pas le foot". Les belles images de supporters maquillés et tout sourire devant les caméras ? "Il y avait une bonne ambiance, comme toujours à la Coupe du Monde. Les stades étaient pleins, tout le monde met des maillots... mais ça manquait de passion". 

Question de culture donc pour Philippe : "l'Américain moyen ne s'est pas approprié cette Coupe du Monde, ce n'est pas vrai". L'ambiance montait "les jours de match et encore ..." A Dallas (où s'est jouée la demi-finale entre la France et l'Espagne) , il y avait 3.000 français, et 2.000 espagnols. Et donc pas d'ambiance. Le budget a découragé les supporters éloignés les moins mordus.

De beaux souvenirs tout de même 

Alors qu'à Atlanta, théâtre de l'autre demi-finale entre l'Argentine et l'Angleterre, Philippe s'est retrouvé au milieu de "10.000 Anglais et 50.000 Argentins". Une belle surprise en tribunes et sur le terrain, où notre lozérien a vu "peut-être sa plus belle demi-finale de Coupe du monde". 

Belle ambiance à New-York aussi "parce qu'il y avait les Argentins" même si la grande finale l'a laissé un peu sur sa faim. Mais pour lui, le jeu de passes de l'Espagne reste impressionnant vu en vrai. 

Philippe Galzin a nettement moins goûté le show de la mi-temps, trop long (27mn de pause); "tout ça pour caser de la pub; c'est une honte pour le football". Quant aux stades certes impressionnats à l'image, avec leurs virages souvent séparés du reste des tribunes, Philippe estime que ce ne sont pas des stades de foot (ils accueillent d'ailleurs en général du football américain ou du base-ball) mais a apprécié que même les premiers rangs soient surélevés "avec un premier rang à 2m50", là où en Europe, les premières rangées ont parfois quasiment le nez dans la pelouse. 

Cap sur 2030 

Agriculteur,  responsable avec sa fille du gîte du Merlet à Pont-de-Montvert, dans les Cévennes lozériennes, Philippe était déjà de retour au travail, le soir-même de son retour. A 72 ans, il lui reste à attendre désormais la prochaine Coupe du Monde pour réaliser la passe de quinze "si j'ai la santé et les moyens". Un Mondial qui se tiendra dans trois pays en Espagne, au Portugal et au Maroc. Et si cette proximité facilitera la logistique, notre supporter reste inquiet du prix des places si il suit la trajectoire observée cette année. Pour obtenir des places mais aussi pour l'atmosphère qui règnera dans les stades. "Dans les grandes villes des Etats-Unis, vous trouvez des expatriés qui ont réussi, qui ont les moyens et qui ont mis un point d'honneur à venir supporter leur pays. Ca ne sera pas la même chose au Maroc ...". 

 

 

 

Philippe Galzin nous a raconté toutes ses Coupes du Monde.Un récit à retrouver dans les 14 épisodes de notre podcast  « L’homme aux 13 finales ».