Publié : 11h55 par La rédaction

Déchets agricoles : l’inquiétude grandit après les blocages

Après les mobilisations agricoles de décembre, des déchets restent entreposés en bord de routes en Aveyron, Lot et Tarn-et-Garonne, soulevant des inquiétudes.

Des déchets agricoles au bord d'une route.
Des déchets agricoles au bord d'une route.
Crédit : Stéphane David / Totem

 

Les manifestations agricoles de décembre dernier ont laissé des traces durables dans plusieurs départements du sud du Massif Central. En Aveyron, dans le Lot et dans le Tarn-et-Garonne, des tas de déchets agricoles demeurent visibles le long des routes. Les déchets sont aussi visibles et de la rocade de Rodez. Ces dépôts se composent souvent de pneus, de branchages ou encore de bâches. Certains pourraient contenir des matériaux dangereux, notamment de l’amiante, ce qui soulève des inquiétudes.
 

Le Lot face à des choix coûteux

Dans le Lot, les services départementaux se retrouvent dans une situation délicate, comme l'explique le président du conseil départemental, Serge Rigal. 

Au même moment où il faut enlever des déchets agricoles, il y a des intempéries, des routes coupées, des routes abîmées. Plusieurs millions d'euros sont à investir suite aux intempéries, et plusieurs centaines de milliers d'euros aussi pour traiter ces déchets. C’est du 400 € tonne pour nous faire traiter ces déchets-là.
 

En Aveyron, Arnaud Viala privilégie le dialogue avec les agriculteurs

En Aveyron, le président du département Arnaud Viala a opté pour une démarche différente. "Nous venons de prendre la décision de solliciter les syndicats agricoles, les représentants des agriculteurs, pour qu'ils récupèrent ces déchets, ce qu'ils ont accepté", explique-t-il. Ce choix permet d’éviter que le coût du traitement ne repose sur le contribuable. Arnaud Viala appelle à la patience : "Je demande aux Aveyronnais encore un peu de patience, ça va disparaître".
 
 

 

Des déchets agricoles en bord de route.

Des risques limités pour l’instant, mais une vigilance nécessaire

Des habitants s’inquiètent des possibles conséquences sanitaires, notamment en cas de présence d’amiante. Thierry Roualdès, responsable d’une entreprise de désamiantage en Aveyron, se veut rassurant : "Ça ne libère pas des fibres. On ne va pas le tripoter. Dès qu'on les touche, elles se frottent l'une à l'autre et c'est là que ça libère. Un tas comme ça, c'est pas plus dangereux qu'une toiture et il y en a partout".
 
Mais la situation ne peut durer. Certains particuliers profitent de la présence de ces zones de stockage improvisées pour déposer leurs propres déchets.
 

Un danger accru avec le retour des beaux jours

Avec l’arrivée du printemps, un autre risque apparaît : celui de voir des enfants jouer près de ces dépôts. En manipulant malgré eux des matériaux potentiellement amiantés, ils pourraient libérer des fibres dangereuses.
Des déchets agricoles en bord de route.