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Fabien Taccard Blanchin - Journaliste

Canicule : des prunes précoces et très sucrées

À mi-juillet, la saison des prunes est lancée dans le Tarn-et-Garonne.  Les premières variétés sont arrivées avec 10 à 15 jours d’avance, durant cette année marquée par la chaleur, mais aussi par une qualité gustative annoncée exceptionnelle.

Les prunes de chez Boyer à Moissac
Les prunes de chez Boyer à Moissac
Crédit : FTB

 

Dans les vergers du Quercy et sur les côteaux moissagais, la prune est déjà bien installée. Dans le Tarn-et-Garonne, la récolte a démarré plus tôt que d’habitude, conséquence directe des fortes chaleurs de ce printemps et du début d’été. À Moissac justement, dans l’entreprise Boyer, environ 4 000 tonnes de prunes sont travaillées chaque saison. Mais cette année, le calendrier est bousculé. Les premières variétés ont été ramassées dès la mi-juin, soit avec 10 à 15 jours d’avance.

 

UNE SAISON ACCELERÉE PAR LA CHALEUR

« On est dans une période normale de début de récolte actuellement, mais tout a démarré plus tôt », explique Joël Boyer, également PDG de l’entreprise. Les épisodes de canicule successifs ont accéléré le développement des fruits. Résultat : toute la campagne devrait être raccourcie. Habituellement étalée jusqu’à début septembre, la récolte pourrait cette année s’achever peu après le 15 août.

Cette avance impose une adaptation, notamment en matière de stockage. Les prunes devront être conservées plus longtemps en chambres froides pour assurer une présence sur les étals jusqu’en septembre, voire au-delà.

Joel Boyer, PDF de BOYER SAS

UNE QUALITÉ EXCEPTIONNELLE… MAIS DES CALIBRES PLUS PETITS

Bonne nouvelle pour les consommateurs : la qualité est au rendez-vous.  Avec le soleil et la chaleur, « ce n’est pas un risque, c’est un bénéfice », souligne Joël Boyer, également co-président de l’AOPN prunes de France avec Jérôme Capel. Les prunes affichent des taux de sucre élevés et un excellent goût.

Mais tout n’est pas parfait. La chaleur a aussi freiné le grossissement des fruits, notamment pour la Reine-Claude. Les calibres sont légèrement inférieurs à une année classique. Les professionnels appellent donc à la compréhension des acheteurs pour accepter ces fruits un peu plus petits, mais tout aussi savoureux.

En parallèle, l’irrigation reste un enjeu crucial. Certains vergers non équipés souffrent fortement, voire dépérissent face au manque d’eau.

Chaine de conditionnement des prunes - BOYER SAS

DES VARIÉTÉS A SURVEILLER DE PRÈS

Si les variétés traditionnelles sont toujours présentes, le verger évolue. Les plus précoces ont tendance à disparaître au profit de nouvelles variétés dites « américano-japonaises ». Un travail de sélection est mené de longue date par la filière, pour éviter de privilégier uniquement les rendements. « Il faut trouver le bon équilibre entre productivité, goût, tenue du fruit et résistance », rappelle Joël Boyer.

Car derrière chaque nouvelle variété se cache un enjeu majeur : garantir une prune à la fois agréable à consommer et adaptée aux contraintes de production et de commercialisation.

Les prunes de Philibon