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Tiphaine Coulon

Villefranche-de-Rouergue sous surveillance financière

La Chambre régionale des comptes d’Occitanie pointe une dégradation de la situation financière de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). Malgré des mesures engagées en 2026, la commune devra poursuivre ses efforts tout en préparant plus de 22 millions d’euros de travaux pour l’eau et l’assainissement.

Vue sur les toits de Villefranche-de-Rouergue depuis la collégiale.
Vue aérienne de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron)
Crédit : Tiphaine COULON / TOTEM

 

La situation financière de la commune de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) s'est nettement dégradée au cours des dernières années. C'est le constat dressé par la Chambre régionale des comptes d'Occitanie dans un rapport consacré à la gestion communale depuis 2021. L'institution financière souligne que l'augmentation des dépenses a été beaucoup plus rapide que celle des recettes, fragilisant progressivement les équilibres budgétaires de la collectivité. 
 
Entre 2021 et 2025, les charges courantes ont progressé de 25,5 %, tandis que les produits de gestion n'ont augmenté que de 11,7 %. Conséquence directe : en 2025, l'épargne dégagée par la ville ne permet plus de rembourser le capital de la dette. La capacité d'autofinancement nette est même devenue négative à hauteur de 646.357 euros. Durant cette période, la commune a réalisé 18,46 millions d'euros de dépenses d'équipement, financées notamment par 6,79 millions d'euros de nouveaux emprunts et par le recours aux réserves communales. 
 

Un redressement engagé mais à poursuivre

Face à cette situation, la municipalité a mis en place plusieurs mesures correctrices en 2026. Parmi elles figurent une augmentation de la fiscalité locale et l'abandon de tout nouvel emprunt pour l'exercice en cours. Pour la Chambre régionale des comptes, ces efforts vont dans le bon sens mais devront être prolongés afin de rétablir durablement les finances locales.
 
Le rapport préconise notamment une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement, une réflexion sur le périmètre des services publics assurés par la commune ainsi qu'un développement des mutualisations avec l'intercommunalité. Les magistrats financiers recommandent également d'adapter la programmation des investissements aux capacités réelles de financement de la collectivité.
 
Parallèlement à la situation budgétaire, plusieurs fragilités de gestion sont relevées. La Chambre estime que l'information mise à disposition des élus et des habitants reste incomplète concernant certaines structures auxquelles adhère la commune, la gestion des ressources humaines ou encore les aides attribuées aux associations. Elle appelle aussi à renforcer la prévention des conflits d'intérêts et à sécuriser davantage les procédures d'achat public.
 

Plus de 22 millions d'euros à investir dans l'eau et l'assainissement

Si les budgets de l'eau potable et de l'assainissement apparaissent aujourd'hui moins fragiles grâce aux hausses tarifaires décidées en 2024 et 2025, la commune devra bientôt faire face à un défi majeur. Les schémas directeurs adoptés en janvier 2026 prévoient en effet plus de 22 millions d'euros hors taxes de travaux à réaliser. 
 
Dans le détail, 13,36 millions d'euros concernent l'assainissement et 8,66 millions d'euros l'eau potable. La Chambre régionale des comptes demande à la commune d'anticiper le financement de ces opérations en élaborant une prospective financière détaillée intégrant les besoins futurs, les sources de financement et l'impact éventuel sur les tarifs des usagers.
 
Le rapport formule au total cinq recommandations et cinq rappels au droit. De son côté, la commune indique avoir pris acte des observations et affirme vouloir mettre en œuvre les améliorations demandées.