Modifié : 21 octobre 2026 à 6h04 par
Joëlle Mège - Journaliste

Vers un clap de fin pour l'hippodrome d'Aurillac ?

À partir du 1er janvier 2027, l'hippodrome d'Aurillac ne proposera plus de courses de galop.

COURSES HIPPODROME AURILLAC
HIPPODROME AURILLAC
Crédit : JOELLE MEGE/TOTEM

À partir du 1er janvier 2027, l'hippodrome d'Aurillac ne proposera plus de courses de galop (plat et obstacle).

La décision s'inscrit dans une réforme nationale qui prévoit la suppression des épreuves de plat et d'obstacle sur 24 hippodromes français. Seules trois réunions de trot seraient maintenues chaque année dans la préfecture du Cantal. Cette annonce fragilise fortement la société des courses du Cantal.  Flavien Pianu, son secrétaire général reconnaît que la structure était sous surveillance depuis plusieurs années. En cause notamment, la baisse du nombre de partants dans les courses de galop, l'absence d'arrosage des pistes et l'éloignement des grands axes routiers. "On savait qu'on était dans l'œil du cyclone", résume t-il.

Une association menacée de disparition

Pour le responsable local, l'enjeu dépasse le simple cadre sportif. Sans courses de galop à organiser, la pérennité même de l'association est remise en question. La réglementation laisse un délai de trois ans avant une éventuelle dissolution, mais l'avenir paraît très incertain. Cette perspective marque également un tournant pour le territoire. Selon les acteurs de la filière, près de deux siècles d'histoire hippique pourraient prendre fin à Aurillac. Une décision d'autant plus difficile à accepter que les tribunes de l'hippodrome d'Aurillac viennent récemment d'être rénovées par le département.

Une filière équine déjà fragilisée

Flavien Pianu pointe un affaiblissement progressif de l'écosystème local. Is évoque notamment la fermeture des haras nationaux, la baisse du nombre d'éleveurs et les difficultés d'accès au territoire. Selon lui, l'enclavement du département, le manque d'infrastructures routières figurent parmi les facteurs régulièrement avancés pour expliquer les difficultés de développement de certaines activités économiques et sportives.

Une réforme motivée par l'équilibre économique

Les représentants du monde hippique mettent en avant des raisons financières. Le modèle économique des courses évolue avec des parieurs de plus en plus tournés vers Internet. Les paris réalisés sur les hippodromes physiques diminuent alors que les mises en ligne continuent de progresser.Les instances nationales cherchent donc à concentrer les moyens sur les hippodromes dits "Premium", dont les courses sont diffusées à grande échelle et génèrent davantage de recettes. Dans le Sud-Ouest, des sites comme Toulouse, Pau, Dax, Mont-de-Marsan, La Teste-de-Buch (Gironde) ou Bordeaux jouent ce rôle moteur.

Le département réfléchit à de nouvelles utilisations. L'hypothèse d'un développement multi-activités est évoquée pour valoriser les infrastructures existantes. La réforme accélère désormais ce travail.