Publié : 20h25 par
Stéphane Jacquemin

Tour de France en Corrèze: « Ça va être un 14 juillet avant l’heure »

À l’heure des derniers réglages, Christian Prudhomme était en Corrèze, ce mercredi 6 mai. Le directeur du tour a notamment reconnu le Mont Bessou, un des juges de paix de cette étape 100 % corrézienne du 12 juillet entre Malemort et Ussel.

Christian Prudhomme au Mont Bessou
Christian Prudhomme au Mont Bessou
Crédit : OC©TOTEM

Christian Prudhomme était ce mercredi 6 mai sur les routes corréziennes du Tour de France 2026. Le directeur de la Grande Boucle a notamment effectué un repérage au Mont Bessou, point culminant du Limousin et dernière des quatre difficultés répertoriées de l’étape corrézienne programmée le 12 juillet, entre Malemort et Ussel. 

 

« Ça va être un 14 juillet avant l’heure » 

Une étape promise aux baroudeurs, mais qui pourrait aussi provoquer des mouvements chez les favoris du classement général. 

« Dans le jargon cycliste, on s’attend à un gros chantier. Ça monte, ça descend sans arrêt. Il y a quatre difficultés, dont le fameux Suc au May, avec des pentes terribles. Sûr qu’il y aura des attaques dès le début. Et comme le lendemain est une journée de repos, on n’est pas à l’abri d’une offensive des favoris », explique Christian Prudhomme. « Ça va être un 14 juillet avant l’heure », résume-t-il. 

 

Des retombées économiques déjà visibles 

Cette étape 100 % corrézienne suscite déjà de fortes attentes en matière de retombées économiques. 

« Les réservations ont décollé dès l’annonce du passage du Tour, et la semaine suivante », constate Pascal Coste, président du Département de la Corrèze. « En une semaine, la moitié de la capacité d’hébergement de plein air s’est réservée, indépendamment même de la part directement liée au Tour. » 

 

Un investissement assumé par le territoire 

L’accueil du Tour représente néanmoins un coût. La facture adressée par ASO, l’organisateur, s’élève à 240 000 euros hors taxes. 
La moitié est prise en charge par le Département, le reste par les communes de départ et d’arrivée : 50 000 euros pour Malemort et 70 000 euros pour Ussel. 

« Oui, ça coûte quelque chose », reconnaît Pascal Coste. « Mais c’est à peu près ce que le Tour génère en hébergement sur deux nuits en Corrèze. Et à audience équivalente, il faudrait aujourd’hui investir des millions d’euros. » 

 

Paul Seixas, l’autre attraction du Tour 2026 

Le Tour de France 2026 est aussi très attendu en Corrèze en raison de la participation confirmée du jeune prodige français Paul Seixas, 19 ans.  « On attend surtout qu’il gagne l’étape 100 % Corrèze », sourit Pascal Coste. 

Christian Prudhomme tempère, tout en laissant place au rêve : 

« Tous les terrains lui conviennent. On est encore au stade du rêve… et je ne vais certainement pas vous empêcher de rêver. Moi aussi, je rêve un peu. » 

 

Un Tour trop dur pour un coureur de 19 ans ? 

La présence de Paul Seixas soulève une question : n’est-il pas risqué de lancer un coureur de 19 ans sur une épreuve de trois semaines ? « On entend tout et son contraire. Personne n’a la vérité. Le cyclisme a beaucoup évolué », répond Christian Prudhomme. 

« Paul Seixas a un talent incroyable, mais aussi une maturité très supérieure à la norme. Le vrai enjeu, c’est la pression. Il sera le plus jeune coureur au départ depuis 1937, avec des ambitions et un maillot distinctif. Comment va-t-il gérer tout ça ? On dit qu’il est insensible à la pression, je le souhaite. En tout cas, ce sera de grandes émotions à vivre, pour lui comme pour nous. »