Publié : 9 mars 2026 à 23h53 par Hélène Gosselin
Situation inédite pour la chambre d'agriculture de Lozère
Le budget 2026 n'a pas été voté. Les arguments de la Coordination rurale et les réponses de la présidente Christine Valentin
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Voilà un an que la chambre d'agriculture de Lozère est en crise. Tout a commencé lors des élections. Alors que la Coordination rurale était majoritaire dans le collège des exploitants, le résultat final a donné une égalité avec la FDSEA et les JA et c'est à la faveur de l'âge que la candidate de la FDSEA a été réélue. Une élection contestée depuis par la coordination rurale, mais entérinée par le tribunal administratif de Nîmes. Depuis un an donc, les sessions se déroulent sous tension. La dernière en date, ce lundi 9 mars au matin n'a pas dérogé à la règle.
Il ne restait que quelques points à examiner ce lundi 9 mars au matin à Mende. Le budget a déjà été rejeté jeudi 5 mars dernier et les élus de la Coordination rurale avaient quitté les lieux, empêchant la session de se terminer. Le budget 2026 donc, n'a pas été voté, ce qui bloque la chambre d'agriculture, déjà placée sous accompagnement renforcé par la Préfecture de la Lozère. Cette nouvelle étape pourrait lui valoir d'être placée sous tutelle renforcée, "une situation atypique, souligne la présidente Christine Valentin. D'habitude quand une chambre d'agriculture est mise sous tutelle renforcée c'est en raison de sérieuses difficultés de trésorerie, ce qui n'est pas le cas de la chambre d'agriculture de Lozère".
Les élus de la Coordination rurale estiment que la présidente n'a pas tenu compte de leurs propositions et règne sans partage sur la chambre. Marie-Ange Chabert fait partie de ceux-là : "On avait fait une proposition de budget et dans celui que Madame Valentin a proposé, il n'y avait quasiment rien de ce que nous avions proposé, c'était un budget en déséquilibre et donc pour nous, du coup ça a été "non"." A Christine Valentin qui accuse la CR48 de faire de l'obstruction, l'agricultrice répond : "On fait notre travail d'élus, on demande des comptes, on veut de la transparence et on ne veut pas que cette chambre soit gérée par elle seule."
Une affirmation que Christine Valentin conteste : "Depuis novembre, nous avons discuté, nous avons eu au moins quatre, peut-être plus, de réunions avec les élus de la chambre d'agriculture pour justement faire évoluer ce budget, pour qu'il corresponde mieux aux demandes des uns et des autres, tout en restant dans un équilibre quand même acceptable. Ce n'est pas le budget de Christine Valentin, c'est un budget travaillé avec tous les élus"
Autre reproche que font les élus de la CR 48, le manque d'accès aux documents. Ils souhaitent consulter les livres de salaires, les indemnités détaillées des élus, les factures, "et le grand livre parce que nous l'avons eu, mais encore anonymisé pour certaines choses", pointe Marie-Ange Chabert.
"La loi RGPD nous interdit de transmettre certaines données"
Pour la présidente, ce que le syndicat demande n'est tout simplement pas légal : "Ces documents concernent des personnes et avec des données personnelles : le nom, le prénom, l'adresse, le numéro de téléphone, le métier, le salaire, etc. La loi RGPD interdit de transmettre certaines données, mais tout ce qu'on pouvait transmettre a été transmis". Concernant les factures, la présidente précise que les élus peuvent venir les consulter directement à la chambre d'agriculture, "mais pour l'instant personne n'en a fait la demande en demandant un rendez-vous".
Enfin les sièges au bureau font aussi polémique. La Coordination rurale demande à avoir cinq sièges, "ce qui aurait permis de débloquer la situation et de vraiment discuter. Elle ne nous en propose qu'un d'actif et un d'observateur !", s'indigne Marie-Ange Chabert. Une affirmation que Christine Valentin ne dément pas : "Je n'ai qu'un siège de libre actuellement parce qu'un membre du bureau a démissionné. Mais quand j'ai été élue il y a un an, je leur ai proposé, ils ont directement dit non, sans même connaître le nombre de personnes qui étaient proposées au bureau. Alors oui ils ont raison de dire que je ne leur en ai proposé qu'un. Je rappelle quand même que le nombre de membres au bureau, c'est un nombre arrêté par le code rural. Et c'est le jour de la session d'installation que nous définissons la composition du bureau."
Il est un point en revanche sur lequel les deux parties sont d'accord. La situation est inédite et la suite incertaine. Elle est entre les mains de la préfecture de la Lozère, qui projette de commencer par engager un audit. La mise sous tutelle renforcée n'est pas encore anoncée.
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