Publié : 23 avril 2026 à 19h37 par Hélène Gosselin
Rallumer l'éclairage public, une fausse bonne idée ?
Plusieurs mairies qui sont passées à droite lors des dernières élections municipales ont rallumé les lampadaires. Pourtant, les études montrent un impact néfaste et peu d'incidence sur les taux de délinquance
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C'était une thématique de campagne de la droite et de l'extrême droite aux dernières élections municipales : remettre l'éclairage public nocturne. Certains nouveaux maires ont déjà reprogrammé les lampadaires, pour toute la nuit ou des amplitudes horaires plus larges. C'est le cas de Clermont-Ferrand, Aurillac ou Mende. Pourtant, l'argument majeur qui porte sur la lutte contre la criminalité ne tient pas au regard des études ni des observations de terrain, comme le souligne Richard Scherrer. Il est responsable du suivi de la réserve internationale de ciel étoilé au sein du parc national des Cévennes. 70 communes du parc pratiquent l'extinction des lumières pour préserver la nuit.
"On a des exemples de communes qui ont mis en place l'extinction et qui ont fait des mesures, ou qui ont demandé aux forces de l'ordre de mesurer s'il y avait un impact avant/après de la criminalité. En fait, il n'y a pas d'incidence ni à la hausse ni à la baisse. Ça ne veut pas dire qu'il n'y en a plus, mais ça veut dire que ce n'est pas un facteur déclenchant. L'analyse qu'on en fait, c'est de dire qu'on est souvent plus sur la question du sentiment d'insécurité et de notre rapport à la noirceur et à la nuit. Parce que ce sont des peurs ancestrales que l'on a de la nuit plus qu'une vraie réalité d'insécurité."
La chercheuse Chloé Beaudet de l'Inrae a comparé les faits de délinquance dans les villes de plus de 1500 habitants avant et après l'extinction des lumières entre 2017 et 2023. Ses résultats ne montrent aucune incidence, excepté une très faible sur les cambriolages (hausse de 0,35 pour 1000).
Là où certains applaudissent quand les ampoulent se rallument, d'autres s'inquiètent d'un recul. Les méfaits de la lumière, pour leur part, sont bien documentés. Richard Scherrer s'occupe du suivi de la réserve internationale de ciel étoilé des Cévennes. Son premier argument auprès des élus est l'économie d'énergie. Mais ce n'est pas le seul.
"L'éclairage public et la pollution lumineuse peuvent avoir un impact sur la santé et notamment sur le sommeil des gens. Même quand vous êtes dans votre chambre à coucher, volets fermés, l'éclairage public peut rentrer dans la chambre à coucher la nuit et ça perturbe la mélatonine et les cycles du sommeil. Et puis l'autre élément, c'est de pouvoir se reconnecter au ciel étoilé et au cosmos, à l'univers qui nous entoure." Richard Scherrer le précise, le Parc national des Cévennes n'est pas contre l'éclairage. "Le sujet, c'est d'éclairer où il faut, quand il faut. Quand il y a une activité, il y a besoin d'éclairer. Quand il y en a plus, on fait des économies, on coupe et puis, évidemment, on redécouvre le ciel étoilé et on peut l'apprécier."
A ces arguments s'ajoute l'impact négatif de l'éclairage artificiel sur la biodiversité, que ce soit les insectes, les oiseaux, les chauve-souris ou la flore.
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