Publié : 10h45 par La rédaction

Projet Cyclamen : les tensions s’accentuent à Millau

L’installation annoncée de l’entreprise Cyclamen à Millau (Aveyron) suscite de fortes inquiétudes environnementales, malgré les garanties avancées par le porteur du projet.

Les bords du Tarn à Millau (12)
Les bords du Tarn à Millau (12)
Crédit : Simon DEPUYDT - TOTEM

 

Le 7 février 2026, plus de 150 habitants ont manifesté dans le centre-ville de Millau (Aveyron) pour s’opposer à l’installation prochaine de Cyclamen dans la zone d’activité Millau Viaduc 2. L’entreprise, spécialisée dans le tri et le recyclage de métaux non ferreux comme l’aluminium ou l’argent, fait face à une défiance marquée en raison de son passé en Moselle. Les inquiétudes portent notamment sur le rejet de poussières potentiellement dangereuses, la possible contamination des cours d’eau, ainsi qu’une hausse du trafic routier liée aux camions desservant le site.
 

Une classe politique locale divisée

L’opposition ferme de Dalila Bellaïd Artis

Dalila Bellaïd Artis, tête de liste d’Alternative Gauche aux élections municipales de mars, maintient son refus du projet : "Nous, on est en lien avec les habitants et les habitantes de Moselle, des gens qui ont été virés de leur entreprise parce qu’ils parlaient, donc on a du mal à imaginer de l'information claire et juste".
 

Le soutien vigilant d’Emmanuelle Gazel

La maire sortante Emmanuelle Gazel suit le dossier depuis un an et demi et reste favorable à l’installation de Cyclamen, tout en exigeant un contrôle strict : "Des emplois ? Oui, bien sûr. Mais au grand jamais au détriment de l’environnement et de notre qualité de vie. Et si jamais il y avait des non-conformités, qu’on puisse réagir immédiatement de façon à ce qu’il n’y ait pas d’impact environnemental".
 

L’appel au principe de précaution de Christophe Saint-Pierre

Christophe Saint-Pierre, autre candidat aux élections de mars, se dit favorable à l’implantation d’une entreprise innovante, mais reste prudent : "Les dernières déclarations ne me réconfortent pas. S’il y a des craintes quant à l’environnement et à la santé publique, il faut qu’on soit extrêmement vigilant et qu’on fasse jouer le principe de précaution et que nous ayons toutes les garanties nécessaires".
 

Le porteur du projet tente d’apaiser les tensions

Arnaud Chollet, cofondateur de Cyclamen, affirme que l’entreprise respectera les règles environnementales en vigueur.
 
Je dois une transparence totale à l’ensemble des autorités. Si l’État considère que je ne respecte pas ces règles et qu’elles sont graves, il arrête mon activité. Donc moi, j’ai rien à cacher, j’ai aucun problème avec ça.
 
Il propose également aux élus et aux habitants de visiter le site mosellan de Cyclamen, à ses frais, afin de constater les installations et les procédés de traitement.