Publié : 8 avril 2026 à 15h17 par La rédaction

Pourquoi le prix du poisson s'est-il envolé ?

Depuis trois semaines, le prix de certains poissons grimpe à Rodez (Aveyron), sous l’effet du conflit au Moyen-Orient et de la hausse du carburant.

Du poisson.
Du poisson.
Crédit : FB Le comptoir Aderhold

 

Vous l’avez peut-être remarqué chez votre poissonnier. Depuis trois semaines, le prix de certains poissons augmente sensiblement. En cause, le conflit au Moyen-Orient et la flambée des tarifs des carburants, qui renchérissent à la fois la pêche et le transport des produits de la mer.
 
À Rodez (Aveyron), Mathieu Aderhold, patron de la poissonnerie éponyme, constate une hausse marquée sur plusieurs espèces très consommées. "Tout ce qu’on importe, comme le dos de cabillaud, le saumon ou l’aiglefin, oui, ça a augmenté très fortement".
 

Les quotas européens et le coût du transport en cause

Cette augmentation ne s’explique pas uniquement par le prix du carburant. Selon Mathieu Aderhold, les quotas européens jouent aussi un rôle important. "En début d’année, il y a tout ce qu’on appelle les quotas européens, et ils ont été baissés drastiquement".
 
Une situation qui aurait déjà entraîné une hausse des prix, même sans la flambée du gazole. À cela s’ajoute le coût du transport : "Avec cette augmentation des prix du gazole, il faut amener le poisson soit par avion, soit par bateau. Donc ça a automatiquement fait augmenter les prix". Résultat : certains poissons emblématiques du rayon poissonnerie ont vu leur tarif bondir.
 
Le dos de cabillaud a pris 30 % en trois semaines.
 

Les armateurs fortement impactés par la crise

Si les consommateurs voient les prix grimper, ce sont surtout les grandes entreprises de pêche qui subissent de plein fouet cette situation. "Ce sont des armateurs avec plusieurs bateaux, qui partent plusieurs jours en mer. Ils ont besoin de beaucoup de gazole, donc l’augmentation du carburant les impacte énormément".
 

Le choix du poisson français pour limiter la hausse

Pour faire face à cette hausse, le poissonnier ruthénois a fait le choix d’adapter son offre en privilégiant des produits pêchés en France : "On s’est rabattu sur du cabillaud pêché exclusivement en Manche, qu’on vend au prix auquel on devrait vendre celui de l’import actuellement".
 
Une alternative qui permet de proposer du poisson français, tout en évitant des transports plus longs. "Ça évite d’avoir du poisson pêché en Islande, avec deux jours de transport en plus, pour un prix équivalent".