Publié : 18h00 par
Baptiste Brouillet

Portrait : Ludovic Andrieux, une vie en "quasi-autonomie"

Depuis plus de 15 ans, Ludovic Andrieux, artisan, réfléchit à la création d'un habitat qui pourrait répondre à ses besoins vitaux, afin d'être le moins dépendant possible aux crises énergétiques ou encore de la flambée des prix des aliments. Il vit maintenant de manière quasi-autonome dans l'Aveyron, à Lanuéjouls.

Ludovic Andrieux
Ludovic Andrieux
Crédit : La Rédaction

Une cuve remplie d'eau, 10 000 watts de panneaux solaires ou encore un poulailler et un verger, à Lanuéjouls, chez Ludovic Andrieux, c'est comme un supermarché à ciel ouvert. "L'idée pour moi ce n'est pas de vivre en autarcie ou comme un ermite reclus, mais de tendre vers une forme d'autonomie", affirme-t-il. Un mode de vie dont il a eu l'idée quand il était jeune : "je me disais, c'est pas possible qu'on puise tout ce pétrole, il ne peut pas y en avoir à l'infini. Et puis j'ai vu mes grands-parents vivre dans une ferme vivrière et je me suis dit, il faut pas perdre ces savoir-faire".

De grosses économies d'énergie

"J'ai zéro euro d'eau et d'électricité à payer", assure Ludovic. "Rien pour l'électricité, c'est un peu provocateur puisque je payes 66 euros par mois pour mes installations, mais j'ai des batteries, un onduleur, des panneaux solaires", ajoute-t-il. Pour l'eau, il gère également sa consommation : "l'eau de pluie tombe, elle est acheminée par les gouttières jusqu'à la cuve, ensuite je l'a traite et elle peut être consommée".

Une consommation alimentaire également gérée

Des plantes vivaces, des arbres fruitiers, des plants de légumes, il faut du temps pour traverser le jardin de Ludovic. "J'ai plus de 50 variétés de plantes différentes", déclare l'artisan, qui consomme presque uniquement des produits qui viennent de chez lui : "j'ai des poules, donc je mange les œufs, j'ai des tomates, des cerises et je cultive même des plantes médicinales". Il a d'ailleurs appris des techniques pour préparer lui-même sa viande. "J'ai un ami qui élève des cochons, donc plutôt que d'en acheter en grande surface, j'ai appris avec une dame qui s'appelle Odette à cuisiner le cochon et à faire mes propres jambons par exemple", explique Ludovic. Malgré tout, il ne s'interdit pas pour autant d'aller dans les grandes surfaces. "Quand je dis que je ne suis pas un ermite ça veut dire que si un jour, j'ai envie de manger des pâtes, le paquet n'est pas encore très cher, j'irai l'acheter au magasin".

Ludovic a d'ailleurs créé la société Autonomia, avec laquelle il donne ses conseils pour passer à un mode de vie plus autonome notamment sur les réseaux sociaux.