Publié : 11 janvier 2026 à 16h40 par
Johan Gesrel

Parisot : un médecin de campagne à tout prix

TOTEM poursuit sa série de reportages "Petite Mairie". Zoom sur la problématique des déserts médicaux. Comment trouver et surtout garder un médecin généraliste quand il s’installe sur sa commune ? Illustration dans le village de Parisot (Tarn-et-Garonne).

Grégory Lancréot le pharmacien et Alain Iches le maire de Parisot.
Grégory Lancréot le pharmacien et Alain Iches le maire de Parisot.
Crédit : Johan Gesrel
Situé à une heure de route de Montauban (Tarn-et-Garonne) et à un quart d'heure de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), Parisot est à la fois proche et éloigné des centres administratifs. En 2022, Alain Iches, son maire, remue ciel et terre pour trouver un médecin de campagne :
"On avait un couple de médecins algériens qui avaient justement tous les diplômes. Elle était diabétologue. Pour nous, c'était une réelle opportunité. On leur avait trouvé un logement. Ce sont des gens qui sont venus s'intégrer dans nos repas et fêtes de village", se souvient l'élu. 
 

 

"Quand on vous appelle à 2h du matin et que les urgences sont fermées..."

Faute de visa, le couple renonce à s'installer. Alain Iches estime ne pas avoir été appuyé par les services de l'État : "J'ai vu ces médecins pleurer car ils ne pouvaient pas venir… Dans leur cœur ces gens étaient déjà français. Ils avaient déjà prévu que leurs deux enfants viennent à l'école à Parisot. C'était vraiment un projet de vie pour eux. Ce n'était pas juste venir travailler, prendre un peu d'argent et repartir. Quand vous avez des administrés qui vous appellent à 2h du matin parce qu'ils n'arrivent pas à avoir un médecin au téléphone, parce que les urgences sont fermées. Eh bien là, c'est compliqué."
 

Un nouvel espoir pour les habitants en errance médicale

En septembre dernier, un généraliste finit par s'installer au pôle de santé du village, aux côtés de kinés, de podologues et d'orthoptistes. Un soulagement pour le pharmacien Grégory Lancréot et les habitants dont certains étaient en errance médicale : "Il y a eu un véritable abandon de soins pendant ces années où il n'y avait pas de présence médicale au village. Ce sont des personnes âgées, souvent isolées. Bien sûr, on nous dira, il y a les bornes de téléconsultation. Oui, c'est un outil formidable, mais tout le monde n'est pas prêt à passer ce cap."
 
Aujourd'hui, la mairie de Parisot fait tout pour chouchouter son médecin de campagne, quitte à accepter certaines concessions, conclut son maire Alain Iches : "Quinze jours après son installation, il était déjà complet. Le risque et la peur qu'on a en tant qu'élu, c'est qu'il soit submergé. Il ne travaille pas le mercredi et ça je le comprends parfaitement. Ce que je veux, c'est qu'il se sente bien dans son travail et qu'il reste à Parisot."