Publié : 25 janvier 2026 à 16h45 par
Johan Gesrel

"On bafoue la République" : à Faudoas, 300 habitants, le nouveau scrutin municipal ne passe pas

Fin du panachage, liste paritaire… Dans les communes de moins de 1000 habitants, la réforme du scrutin pour les élections municipales de 2026 suscite des tensions. Jean-Louis Dupont, maire de Faudoas (Tarn-et-Garonne) et ancien talonneur du XV de France, ne décolère pas.

Jean-Louis Dupont, maire de Faudoas.
Jean-Louis Dupont, maire de Faudoas.
Crédit : Johan Gesrel

 

Il s'appelle Dupont, il a joué dans le XV de France. On ne parle pas d'Antoine mais de Jean-Louis Dupont, 69 ans, maire de Faudoas (Tarn-et-Garonne). Cet ancien champion de France du SU Agen, n'est pas du genre à mâcher ses mots. Ce mercredi 14 janvier 2026, au micro de TOTEM, il exprime son mécontentement face à la réforme du scrutin de liste paritaire. "On est en train de bafouer la République", déclare-t-il. Selon lui, cette réforme oblige les conseillers ayant plusieurs mandats à se retirer, ce qu'il juge injuste. "Pour moi, c'est un crève-cœur parce que si j'avais su que ça se termine comme ça, j'aurais sans doute posé ma démission. Maintenant j'y suis-je vais aller jusqu'au bout."

 

Pas opposés à la parité mais contrariés par la fin du panachage

Avec cette réforme, le maire de cette commune de 300 habitants a dû dire au revoir à plusieurs de ses adjoints, comme Michel Escarnot, qu'il connaît depuis l'enfance. "Je laisse la place pour une dame. J'espère que ça se passera bien et que le maire sera content", confie l'élu. S'il n'a rien contre la parité, il critique la fin du panachage qui permettait de rayer des noms sur la liste et de les remplacer : "Pour moi, ce n'est plus la démocratie. Avant, si quelqu'un ne vous plaisait pas, on pouvait le rayer sur la liste et mettre quelqu'un d'autre en place."
 

"Pour avancer, il faut être bien avec tout le monde"

 
Aujourd'hui, Jean-Louis Dupont qui s'est récemment fait connaître grâce à un "placage cathédrale" lors d'un mariage dans son village, tente de rester philosophe. L'ancien talonneur veut appliquer la règle qu'il a toujours suivie au rugby : faire front avec son équipe, peu importe la qualité des joueurs : "Il faut jouer collectif dans le conseil municipal, avec le village, avec les administrés. Il faut avoir un lien, être fâché avec personne. Pour avancer, il faut être bien avec tout le monde."