Modifié : 18 juin 2026 à 22h37 par
Johan Gesrel

Montauban : « On ne fait plus la guerre comme avant », le 17e RGP dépassera les 1000 soldats d’ici 2030

Ce jeudi 18 juin 2026, à Montauban (Tarn-et-Garonne), le 17e régiment de Génie Parachutiste confirme sa montée en puissance. D’ici 2030, il dépassera les 1000 soldats avec deux nouvelles compagnies, en lien avec la préparation à des conflits de haute intensité.

Le colonel Jérémy Akil, chef de corps du 17e RGP de Montauban.
Le colonel Jérémy Akil, chef de corps du 17e RGP de Montauban.
Crédit : Johan GESREL.

Le 17e régiment de Génie Parachutiste de Montauban (Tarn-et-Garonne) entre dans une nouvelle phase de son histoire. À l’occasion des commémorations de l’appel du général De gaulle ce jeudi 18 juin 2026, son chef de corps, le colonel Jérémy Akil, a confirmé une montée en puissance inédite des effectifs et des capacités opérationnelles. D’ici 2030, le régiment comptera plus de 1000 militaires. Une évolution qui se traduit concrètement par la création de deux nouvelles compagnies : une unité de reconnaissance régimentaire, composée d’une centaine de soldats actifs, et une compagnie de réservistes qui regroupera environ 250 civils.
 
"Le régiment connaît une phase de montée en puissance. On va recruter d’ici à 2030 des paras supplémentaires d’active et de réserve", souligne le colonel Jérémy Akil, chef de corps du 17e RGP. Aujourd’hui, le régiment repose déjà sur quatre compagnies de combat du génie (120 à 150 soldats chacune), une compagnie d’appui à l’engagement parachutiste (200 militaires) et une compagnie de commandement et de logistique (200 militaires).
 

Une adaptation à la guerre de haute intensité

Cette montée en puissance s’inscrit dans un contexte stratégique global, marqué par un durcissement des conflits. L’armée française adapte sa doctrine pour faire face à des engagements dits de « haute intensité ». "On va vers des affrontements de plus en plus durs (...). La nouvelle armée de terre, c’est l’armée de terre de combat. On ne fait plus la guerre comme avant il y a quarante ans...", explique le colonel Jérémy Akil.
 
La nouvelle compagnie de reconnaissance, qui sera officiellement créée le vendredi 26 juin 2026 au quartier Doumerc, aura pour mission de collecter des informations sur le terrain, notamment grâce à des moyens modernes comme les drones. Elle renforcera la capacité du régiment à agir en autonomie. En parallèle, le recours à la réserve s’intensifie. Ouverte aux Français âgés de 17 ans et demi à 72 ans, elle permet d’intégrer des profils variés issus de la société civile. "Les réservistes apportent des compétences qui ne sont pas détenues en propre par l’armée", précise le chef de corps.

Des entraînements renforcés en conditions réelles

Cette transformation passe aussi par des entraînements plus réalistes. Le régiment multiplie les exercices, notamment en milieu urbain, y compris dans Montauban du 5 au 8 octobre 2026. "Pour être efficace, il faut s’entraîner dans des conditions les plus proches possibles de la réalité", rappelle le colonel Jérémy Akil.
 
Ce grand exercice annuel baptisé « Roccia », en référence à la nouvelle mascotte du régiment, mobilisera les troupes dès la rentrée 2026. Une occasion pour les habitants de voir plus régulièrement les sapeurs-parachutistes dans leur environnement quotidien. Cette montée en puissance implique également des besoins infrastructurels. Hébergement, bureaux et zones d’entraînement doivent être adaptés. "Il n’y a pas de point bloquant à ce stade", assure le colonel.
 
Actuellement, une centaine de militaires du 17e RGP sont engagés en opérations extérieures, un niveau relativement bas avant une intensification attendue dans les prochains mois. Enfin, le régiment poursuit sa modernisation avec des équipements récents comme les blindés légers Serval, des drones ou encore le « fardier », un véhicule 4x4 aérotransportable.