Publié : 9h09 par FTB avec SJ, HG, JM, JG
« L’injustice de trop » : la colère gronde jusque devant nos tribunaux après la mort de Lyhanna
La mort de Lyhanna, 11 ans, a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Lundi soir, des milliers de personnes se sont rassemblées devant les tribunaux pour dénoncer les dysfonctionnements dans la protection de l’enfance.
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La colère, le recueillement et l’incompréhension se sont mêlés, lundi soir, sur les marches des tribunaux. L’affaire Lyhanna continue de bouleverser la France. Cette fillette de 11 ans a été retrouvée morte ce jeudi 4 juin 2026 dans le Gers. Le principal suspect faisait déjà l’objet d’une enquête pour des faits similaires depuis août 2025. Une situation qui a ravivé la colère contre ce que de nombreux collectifs et citoyens dénoncent comme des défaillances structurelles de la justice.
Lundi matin à Paris, Gérald Darmanin a réuni les procureurs. Le ministre de la Justice a demandé de revoir l’ensemble des plaintes concernant des enfants d’ici le 14 juillet, soit près de 70 000 dossiers. Le soir même, des rassemblements ont été organisés partout en France, devant les tribunaux.
UNE MOBILISATION MASSIVE DANS NOS DEPARTEMENTS
Dans l’Aveyron, plusieurs rassemblements ont eu lieu. À Rodez, environ 250 personnes se sont retrouvées devant le tribunal. Beaucoup s’interrogent sur la réouverture annoncée de nombreux dossiers et sur une éventuelle nouvelle loi au Parlement pour éviter une nouvelle affaire Lyhanna.
En Lozère, un rassemblement s’est tenu devant le tribunal de Mende, avec une centaine de personnes. Fanny Bonnefille, du collectif Révolte Inceste 48 (CRI48), y a livré un témoignage très critique sur le fonctionnement judiciaire :
« On parle de dysfonctionnement de la justice, mais on n'est pas du tout dans ce registre-là. On est sur le fonctionnement de la justice, c'est comme ça qu'elle fonctionne, c'est la réalité. (…) Dans 97 % des cas, les plaintes sont classées sans suite ». Elle dit douter que la mort de Lyhanna entraîne un réel changement, au regard des précédents.
Ils étaient 200 devant le tribunal d'Aurillac.
Dans le Cantal, l’émotion était également forte. À Aurillac, environ 200 personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Fleurs, messages et témoignages ont marqué la soirée. Patricia, maman de 55 ans, est venue pour Lyhanna, mais aussi pour son fils, victime d’une agression sexuelle à l’âge de 11 ans :
« Ce qui est monstrueux, c’est que cet homme était en totale liberté. (…) Je ne suis pas sûre que l’agresseur de mon fils sera puni à la hauteur de ce qu’il a fait. »
Le rassemblement s’est conclu en chanson, notamment avec Vol de Céline Dion et Prendre un enfant par la main d’Yves Duteil.
En Corrèze, la mobilisation a également été très suivie, avec environ 300 personnes là aussi réunies à Brive. Des victimes ont pris la parole, comme Fabien Francy, dont le fils Valentin a été assassiné en 2023. Il dénonce lui aussi les errances judiciaires, évoquant l’irresponsabilité pénale prononcée dans le dossier de son fils : « Nous n'avons pu avoir aucun dialogue avec les juges. Nous avons pointé des manquements dans le suivi antécrime et on nous a tout simplement dit qu'il n'y a que les régimes totalitaires qui surveillaient tout le monde. Donc quand votre fils a été assassiné de cette manière-là par une personne qui n'avait aucun suivi obligatoire, c'est un c'est un peu dur à avaler. »
En Tarn-et-Garonne, près de 300 personnes se sont rassemblées à Montauban, devant le tribunal. Beaucoup de mères de famille étaient présentes, certaines avec leurs enfants.
« On fait partie des 70 000 plaintes en attente. Si les choses avaient été faites, on n’en serait sûrement pas là aujourd’hui », témoigne une maman.
Des rassemblements dans l'ensemble des départements de France, comme en atteste aussi la centaine de personnes à Cahors, ou encore les 150 à Alès.
LE GOUVERNEMENT SOUS PRESSION
Face à l’ampleur de l’émotion, Sébastien Lecornu doit réunir ce mardi matin plusieurs ministres pour évoquer de nouvelles mesures de protection de l’enfance et de lutte contre les violences sexuelles. Le Premier ministre doit recevoir à 11h30 à Matignon les membres du gouvernement concernés. Dans un courrier rendu public lundi soir, il a fait part de son « effroi » et de son « incompréhension » face aux circonstances du décès de Lyhanna et aux dysfonctionnements mis en lumière.
Au total, plus de 160 rassemblements ont été organisés en France. Dans nos territoires, comme ailleurs, la mobilisation témoigne d’une attente forte : que la mort de Lyhanna ne reste pas sans lendemain.
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