Modifié : 20 octobre 2026 à 9h44 par FTB avec EY

Lozère : l'émotion après le drame de chasse à Cassagnas

Un promeneur de 65 ans a été tué dimanche à Cassagnas, en Lozère, lors d'une action de chasse. Alors que l'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du drame, l'émotion reste très vive dans les Cévennes. Habitants, élus et chasseurs peinent à comprendre.

La commune de Cassagnas où un drame a eu lieu lors d'une action de chasse
La commune de Cassagnas où un drame a eu lieu lors d'une action de chasse
Crédit : EY / TOTEM

Dans les sentiers et les hameaux de Cassagnas, un même sentiment domine depuis ce week-end : l'incompréhension. Le tir mortel survenu dimanche, peu avant midi, continue de bouleverser cette commune cévenole. Selon les premiers éléments de l'enquête, un chasseur aurait abattu un promeneur de 65 ans lors d'une partie de chasse. Un drame qui a immédiatement ravivé les interrogations autour de la sécurité de cette pratique et de la cohabitation entre les différents usagers de la nature.

Sur place, l'émotion est palpable. Habitants et randonneurs rencontrés par TOTEM disent leur difficulté à comprendre comment un tel accident a pu se produire. Si certains chasseurs rappellent les précautions habituellement prises lors des parties de chasse, ils reconnaissent aussi qu'aucune activité n'est totalement exempte de risques. L'un d'eux confie ainsi : "On n'est jamais à l'abri qu'un accident arrive". Il souligne également les consignes de sécurité appliquées au sein des groupes de chasse : "On a des chefs de battue qui sont responsables, qui nous avertissent."

Ces arguments peinent toutefois à convaincre une partie des habitants et des randonneurs rencontrés sous la pluie. Beaucoup disent leur incompréhension face à ce drame. "En tant que chasseur, il faut quand même attendre que la cible soit visible avant de tirer", réagit une riveraine. Un autre habitant ajoute : "Je comprends pas qu'on puisse se tromper en fait."

 

Une commune sous le choc

Face à l'émotion suscitée par ce décès, la municipalité se retrouve en première ligne. Le maire de Cassagnas, Jean Vilkine, fait part de sa profonde consternation.

"Nous sommes consternés par le drame qui a frappé cette famille. Et nous sommes anéantis par l'incompréhension", déclare l'élu. Tout en rappelant sa confiance habituelle envers les chasseurs de la commune, il souligne le caractère exceptionnel de ce qui s'est produit : "Je n'ai jamais vu d'actes dangereux, sauf hier."

 

Un débat ravivé dans les Cévennes

Au-delà du fait divers, ce drame remet en lumière les tensions récurrentes autour du partage des espaces naturels. Certains habitants interrogés estiment qu'une séparation plus nette entre les périodes ou les secteurs de pratique pourrait limiter les risques. "Certains jours les randonneurs et d'autres jours les chasseurs, et pas les deux à la fois", avance l'un d'eux.

Dans le parc national des Cévennes, où se croisent régulièrement chasseurs, promeneurs, cueilleurs et habitants, la mort de ce randonneur ravive ainsi une fracture ancienne entre différents usagers de la nature. En attendant les conclusions de l'enquête, c'est surtout l'incompréhension qui domine à Cassagnas.