Modifié : 11h39 par FTB avec EY

Autisme : une nouvelle unité spécialisée inaugurée en Lozère

La prise en charge de l'autisme était au cœur d'un déplacement ministériel en Lozère ce vendredi. La ministre déléguée Camille Ménard-Guénier a inauguré à Chirac une nouvelle unité résidentielle dédiée aux adultes présentant des troubles du spectre de l'autisme particulièrement complexes. Un dispositif encore rare en France.

Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées
Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées
Crédit : EY

Derrière le ruban coupé et les discours officiels, ce sont surtout des parcours de vie souvent marqués par l'exclusion qui étaient mis en lumière. La ministre déléguée Camille Ménard-Guénier s'est rendue ce vendredi à Chirac pour inaugurer le nouveau site de la MAS d'Entraygues, portée par le Clos du Nid. Parmi les équipements présentés figure une URTSA, une Unité Résidentielle pour Troubles du Spectre de l'Autisme, destinée aux adultes dont l'accompagnement est devenu particulièrement complexe.

Ces personnes sont souvent en situation de "rupture de parcours". Comme l'explique Sylvie Coudert, psychologue et chargée de mission du dispositif en Lozère, il s'agit de personnes pour lesquelles les différentes solutions médico-sociales proposées ont échoué.

"Ce sont des personnes qui sont en rupture de parcours. Très complexe veut dire qu'elles sont passées d'un stade de prise en charge compliquée à une prise en charge complexe, définie par le fait que tous les accompagnements qui leur ont été proposés ont échoué. Derrière cet échec d'accompagnement global, il y a quand même une exclusion chronique des propositions qui leur sont faites en termes de médico-social."

 

Un dispositif encore rare en France

Ces unités spécialisées ont été développées dans le cadre de la stratégie nationale pour l'autisme lancée en 2018. Mais leur déploiement reste limité. "Depuis la stratégie de 2018, des URTSA sont menées. Aujourd'hui, nous en avons 18, alors qu'il en était prévu 40 à la base. Cela reste un dispositif assez compliqué à mettre en place", souligne Sylvie Coudert.

L'ouverture de cette unité en Lozère vient donc renforcer un réseau encore peu développé à l'échelle nationale. 

 

Préparer le retour vers un parcours de vie adapté

L'objectif de ces structures n'est pas d'isoler durablement les résidents. Elles ont vocation à accompagner les personnes les plus en difficulté pour permettre ensuite leur retour dans un parcours médico-social plus classique.

"Les URTSA ne vivent pas seules. Elles vivent sur un territoire avec des établissements qui devront, à un moment donné, prendre le relais lorsqu'il y aura une sortie de la complexité. Nous avons besoin de tous les dispositifs médico-sociaux pour proposer un parcours sans rupture et une trajectoire de vie meilleure."

Pour la psychologue, ces unités symbolisent aussi une évolution du regard porté sur l'autisme complexe. "L'URTSA est le symbole d'un autisme qu'on ne savait pas prendre en charge. Il va devenir possible et il va falloir tout un maillage pour prendre le relais lorsqu'on sera sorti de la complexité."

Avec son réseau d'établissements spécialisés et cette nouvelle unité inaugurée à Chirac, la Lozère confirme sa place de territoire de référence dans l'accompagnement médico-social des situations les plus complexes.