Publié : 2 mars 2026 à 18h37 par Stéphane Jacquemin

« Les papeteries de Condat ne fumeront plus »

C’est un séisme social et industriel pour tout le bassin de vie du Lardin‑Saint‑Lazare, Terrasson et jusqu’à Brive. Les papeteries de Condat, installées depuis 1907 et longtemps poumon économique de la Dordogne, ne fumeront plus comme avant. Le tribunal de commerce de Bordeaux a validé la reprise du site par le groupe français SPB. Une décision qui acte la fin d’une époque… avec néanmoins l’espoir d’un nouveau cycle. 

Production de papier glassine aux Papeteries de Condat (ligne 8)
La reprise par SPB marque la fin de production de papier glassine
Crédit : Stéphane Jacquemin

Dans les années 90, Condat faisait vivre jusqu’à 1 200 salariés. Ils ne seront plus que 21 dans les prochains jours. La reprise par SPB s’accompagne du licenciement de 175 salariés, après un premier plan social massif en 2023. 

Pour Philippe Delord, délégué CGT, l’émotion est forte : 

« C'est la fin d'un monde… la fin de notre usine, de la cité du papier. J’y ai passé 35 ans, j’y ai rencontré des gens formidables. Aujourd’hui, ce sont peine, dégoût et trahison qui dominent (...) envers Lecta uniquement. » 

 

Un rachat à un million d’euros… pour transformer le site 

 

SPB rachète Condat pour 1 million d’euros au groupe Lecta. Un montant jugé très faible par certains salariés. 

« Rien que dans le magasin, il y a pour 7 millions d’euros de pièces », insiste Philippe Delord. 

 

Le groupe prévoit une reconversion industrielle d’ampleur, avec trois axes majeurs : 

  • production d’alumine décarbonée, 

  • fabrication d’alternatives bas carbone à la pétrochimie, 

  • création d’un cluster de supercalculateurs dédié à l’IA. 

Un virage radical, loin de la glassine ou du papier couché qui ont fait l’histoire du site.

 

300 emplois annoncés : promesse crédible ? 

 

SPB affirme vouloir créer 300 emplois à terme. Le délégué CGT reste prudent mais ne ferme pas la porte : 

« Si SPB fait ce qu’il dit, tant mieux. On verra en fin d’année s’ils ont déjà repris 50 à 60 salariés comme annoncé. Il s’agit de passer enfin des paroles aux actes. » 

 

L’usine, qui avait cessé la production de papier couché en 2023 malgré les aides publiques (19 M€ de la Région, 14 M€ de l’ADEME), était devenue le dernier grand employeur privé de Dordogne.