Publié : 7h41 par FTB avec SC

Le “petit écolier” de LU sans toit : le musée Bouisset cherche une nouvelle ville

Le musée dédié à Firmin Bouisset, créateur du célèbre Petit Écolier de LU, a définitivement fermé ses portes à Castelsarrasin. La municipalité n’a pas renouvelé la convention qui liait le lieu à l’association gestionnaire. Une décision qui laisse les habitants, comme les bénévoles, amers et inquiets pour l’avenir des 600 œuvres conservées.

La maison d'Espagne à Castelsarrasin accueillait l'Espace Firmin Bouisset 2
La maison d'Espagne à Castelsarrasin accueillait l'Espace Firmin Bouisset 2
Crédit : SC - TOTEM

 

À Castelsarrasin, la fermeture soudaine de l’espace Firmin Bouisset laisse un grand vide dans le paysage culturel local. En plein cœur de ville, les deux étages du musée a été vidé en un week-end. Après quatre ans d’accueil à la Maison d’Espagne, la municipalité, menée par le maire Jean‑Philippe Bésiers, a décidé de ne pas renouveler la convention qui la liait à l’association en charge du musée.

Dans les rues, les habitants ne cachent pas leur déception : « C’est dommage parce qu’au point de vue culturel, il y a toujours du monde », regrette une Castelsarrasinoise, évoquant un lieu « magnifique » où un autre déclare amener « régulièrement ses enfants ».

 

“UN CREVE-CŒUR” POUR L’ASSOCIATION

Pour Anne‑Claude Elkaïm, présidente de l’association Firmin Bouisset, la décision est vécue comme un choc : « C’est un crève‑cœur. Chaque personne qui est passée par ici est ressortie en nous disant : “Waouh, c’est formidable, on apprend plein de trucs.” »
Elle rappelle le rôle essentiel de Bouisset, Moissagais d’origine, considéré comme un pionnier de l’affiche publicitaire moderne, notamment avec l’emblématique Petit Écolier de LU.

Les 600 œuvres, aujourd’hui stockées jusqu’au 31 mars, doivent trouver un nouveau refuge. Et le compte à rebours est lancé : passé cette date, l’association devra déplacer la collection ailleurs.

 

UNE COLLECTION EN QUETE D’UN NOUVEAU FOYER

Malgré la déception, l’association veut croire à un avenir local : « Je n’imagine pas un instant que les responsables de ce département laissent une collection comme celle‑là en déshérence », insiste Anne‑Claude Elkaïm.
Moissac, terre natale de Bouisset, reste un espoir naturel. Mais d’autres collectivités pourraient aussi accueillir l’artiste si aucune proposition n’arrive après les municipales.

Pour l’heure, l’association attend que la période électorale se termine pour relancer un projet dans une ville « qui voudra bien l’accueillir ».

 

POURQUOI LA VILLE A MIS FIN AU PARTENARIAT

Du côté de la municipalité, la décision de mettre un terme au partenariat s’explique par « de nombreux désaccords et dysfonctionnements répétés » au sein de l’association gestionnaire. Dans un communiqué, la Ville évoque une fréquentation jugée modeste — environ 3 000 visiteurs par an — mais surtout des engagements « non tenus » par l’association, un manque de bénévoles, des difficultés financières et une dégradation des relations avec les agents du service culturel.

La municipalité rappelle avoir investi près de 300 000 € dans le projet depuis 2020 et assuré elle-même une partie des ouvertures au public.

Face à une situation devenue « intenable » malgré plusieurs médiations menées avec l’État, la DRAC, le Département et l’intercommunalité, le maire Jean‑Philippe Bésiers dit avoir été « contraint » de ne pas renouveler la convention, tout en accordant cinq semaines supplémentaires à l’association pour récupérer ses œuvres.

L'occupation de la maison d'Espagne reste à déterminer