Les résidents de l'Ehpad de Châteauneuf-de-Randon contraints de déménager du jour au lendemain
C'est pour permettre les travaux de rénovation du bâtiment que la direction a pris la décision de déplacer les résidents et les personnels, mais la rapidité de l'exécution est ressentie violemment par des salariés et des familles.
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Dans un Ehpad de Lozère, un déménagement précipité soulève des inquiétudes et de la colère. L'annonce de la fermeture de la résidence de la Margeride, à Châteaneuf-de-Randon, pour travaux a été annoncée la semaine passée, mardi 23 juin, et les premiers déménagements de résidents et de personnels sont prévus ce mercredi 1er juillet. Un changement d'environnement estimé "abrupt et maltraitant" par la CGT qui déclare avoir été alertée par des agents. Cet établissement accueille 37 résidents et environ 40 agents.
La direction de l'hôpital Lozère, qui gère l'Ehpad ne voit aucun problème : "Nous avons réuni tous les agents en réunion la semaine dernière et tout le monde était favorable à ces travaux", explique Jean-Claude Luceno, le directeur de l'hôpital. "Il s'agit d'un Ehpad CCAS, et les bâtiments appartiennent à Lozère Habitation. La gestion nous en a été confiée il y a un peu plus d'un an. Nous avons alors pris conscience de l'état du bâtiment et nous sommes inquiétés de savoir s'il était à un niveau acceptable pour y vivre et y travailler." A la suite de ce constat, une inspection a été menée par l'Etat dont le résultat laissait peu de doutes. Un projet de réhabilitation a donc été envisagé par Lozère Habitations. "Il n'était pas possible et envisageable que des personnes âgées et des personnels vivent et travaillent en plein chantier, donc, on a préféré décider de transférer les résidents et le personnel afin que Lozère Habitations, qui doit présenter un projet de réhabilitation dans les semaines à venir, puisse lancer et commencer les travaux", pose Jean-Claude Luceno.
Du côté des agents, c'est la consternation. Solène* s'exclame : "Evidemment qu'on était d'accord pour les travaux, cela fait 10 ans que l'on dit que c'est nécessaire, mais on s'attendait à ce qu'ils soient programmés courant 2027. Alors quand on nous a annoncé une fermeture fin août, déjà le couperet est tombé. Et il n'y a pas de projet, pas de plans, pas de financements. On ne comprend pas cette précipitation." Pour sa collègue, Caroline*, "déménager les résidents en pleine canicule ça pose question. Pourquoi faut-il aller aussi vite ? Certains résidents pleurent depuis l'annonce. On nous a annoncé qu'une psychologue viendrait mais on l'attend toujours. La direction parle de qualité de vie au travail, mais le côté psychologique elle n'en tient pas compte. Ils sont maltraitants."
Contactées par téléphone, des familles expriment leur désarroi : "Je l'ai ressenti comme si on me disait "vous dégagez", confie Cécile Ergaud Cau, dont la maman est en unité Alzheimer depuis deux ans. Ce n'est pas quelque chose que l'on décide en deux jours, c'est d'une violence extrême, inadmissible et je suis très en colère." Par ailleurs, alors qu'elle avait précisé vouloir emmener elle-même sa mère dans sa nouvelle résidence, une ambulance avait été préparée pour le déménagement. "Je ne sais pas comment ma mère va réagir, je veux m'en occuper. A la résidence la Margeride, j'ai vu des résidents paniqués à l'idée de partir. et je n'ai même pas eu le temps de visiter l'Ehpad de Rieutort où elle va aller." Un sentiment de précipitation que confirme Séverine*, dont la maman a 97 ans et qui n'est pas en mesure de se rendre compte de la situation. "Ce qui me peine vraiment pour maman, c'est qu'elle n'aura plus de visage connu autour d'elle. Cela nous bouleverse!"
Concernant les délais de préparation de déménagement des résidents, le directeur justifie : "On s'était donné tout l'été pour transférer les résidents. Mais là, il y a des personnels qui sont en maladie ou qui arrêtent leur contrat, ce qui est tout à fait entendable, mais je suis obligé de répondre à cette absence en faisant en sorte que les résidents soient le plus rapidement possible dans des structures où les personnels sont assez nombreux pour les prendre en charge."
Un argument que balayent les salariées interrogées : "Les problèmes de personnels ne datent pas d'aujourd'hui. Le congés maladie est arrivé après la réunion et les fins de contrat aussi."
Les résidents seront transférés après accord de leur famille, dans d'autres établissements selon leurs besoins, et prioritairement en Lozère, explique la direction. Concernant les personnels, elle explique qu'ils font partie de la fonction hospitalière et seront donc dirigés vers d'autres services. La CGT dans son communiqué précise qu'"une liste de postes sur le département et hors département leur a été transmise sans aucun renseignements". Ce que confirment Solène et Caroline*, "Oui on nous propose des postes mais sans aucune précision. C'est le flou le plus total".
* Les prénoms ont été changés
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