Publié : 14h44

L'association Asalée placée en redressement judiciaire

Ce vendredi 27 mars 2026, le tribunal des affaires économiques de Paris a placé l’association Asalée en redressement judiciaire et écarté sa direction.

Manifestation en soutien au personnel de l'association Asalée le 26 mars 2026 à Rodez (Aveyron).
Manifestation en soutien au personnel de l'association Asalée le 26 mars 2026 à Rodez (Aveyron).
Crédit : Stéphane David / Totem

 

Ce vendredi 27 mars 2026, le tribunal des affaires économiques de Paris a placé l’association Asalée en redressement judiciaire. L’information vient de l’avocat du comité social et économique, Thomas Hollande, qui l’a confirmée à l’AFP. La décision s’accompagne d’une mise à l’écart de la direction en place. La gestion est désormais confiée à deux administratrices judiciaires : Hélène Bourbouloux et Alexandra Blanch.
 
Selon Thomas Hollande, l’urgence est claire : "L’enjeu principal est désormais d’obtenir très rapidement le paiement des salaires de mars".
 

Une structure au cœur du suivi des maladies chroniques

Créée en 2004, l’association Asalée emploie environ 2.000 infirmières en France. Ces professionnelles de santé travaillent en collaboration avec des médecins libéraux pour assurer le suivi de patients souffrant de maladies chroniques, notamment le diabète.
 
Le modèle repose sur un financement unique : la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), qui versait environ 100 millions d’euros par an à Asalée. Mais depuis plusieurs mois, le conflit entre l’association et son financeur s’est aggravé.
 

Un conflit ouvert avec la Cnam depuis des mois

Après un rapport très sévère de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) en juillet 2025, le gouvernement avait demandé à Asalée de "remettre en ordre sa gestion et son organisation". L’Assurance maladie avait un temps repris le financement… avant de totalement l’interrompre en décembre 2025.
 
Début mars 2026, l’association avait annoncé sa cessation de paiement, rendant le redressement judiciaire quasi inévitable. Le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme, déclarait l’an dernier : "Plus de six mois après la remise du rapport de l’Igas, nous ne pouvons que constater que l’association n’est pas à jour du paiement de ses cotisations sociales, ne s’est pas mise en situation de respecter les règles élémentaires de la commande publique comme celles liées à la prévention des conflits d’intérêts".
 

La CFDT salue la décision du tribunal

Dans un communiqué publié ce vendredi, la CFDT Santé-Sociaux s’est félicitée de la décision du tribunal. Le syndicat estime que les salarié·es "devraient rapidement bénéficier de la garantie sur les salaires (AGS) et ainsi recouvrer dans des délais réduits les sommes dues par leur employeur".
 
Ce jeudi 26 mars, une manifestation de soutien aux salariés a été organisée à Rodez (Aveyron).