Publié : 6h45 par Tiphaine Coulon avec Stéphane David

Juin vert pour prévenir le cancer du col de l’utérus

La campagne juin vert met l’accent sur la prévention du cancer du col de l’utérus. Dépistage et vaccination sont les deux leviers pour réduire fortement la mortalité liée à cette maladie en France.

Vaccination HPV au collège Voltaire de Capdenac
Crédit : Stéphane DAVID TOTEM

 

Après octobre rose et mars bleu, le mois de juin se décline désormais en vert. Cette campagne est dédiée à la prévention du cancer du col de l’utérus, une maladie qui touche chaque année plus de 3.000 femmes en France. Près de 1.100 patientes en meurent chaque année.
 

Le dépistage du cancer du col recommandé de 25 à 65 ans

 
L’objectif affiché par les acteurs de santé est ambitieux. Il s’agit de diminuer l’incidence et la mortalité de ce cancer de 80 % en dix ans. Pour y parvenir, deux axes majeurs sont mis en avant. Le premier repose sur le dépistage organisé. Le second concerne la vaccination contre le papillomavirus humain, le HPV.
 

Le dépistage du cancer du col recommandé de 25 à 65 ans

 
Le dépistage s’adresse aux femmes âgées de 25 à 65 ans. Le Professeur Pierre Marès, gynécologue et président du centre régional de dépistage des cancers, rappelle l’intérêt d’un diagnostic précoce.
 
Les contaminations se font très tôt, dès les premiers rapports sexuels, et on peut estimer que globalement, 80 % de la population qui a des rapports sexuels se retrouve porteuse d’HPV.
 

Un diagnostic précoce pour détecter les lésions avant le cancer

 
Selon les études, les lésions mettent de nombreuses années avant d’évoluer vers un cancer. "La lésion du cancer met en moyenne une dizaine d’années avant de se transformer en lésion cancéreuse", précise le spécialiste. L’âge médian du diagnostic du cancer du col de l’utérus en France est de 55 ans. "Donc si on met en place un dépistage dès 25 ans, on peut dépister les lésions avant le cancer", souligne le Professeur Pierre Marès.
 
Le message porté par les professionnels de santé est clair. "Aujourd’hui, on pourrait éradiquer le cancer du col de l’utérus", affirme-t-il.
 

La vaccination contre le HPV, un enjeu majeur de santé publique

 
Mais pour atteindre cet objectif, plusieurs conditions doivent être réunies. Le dépistage doit être beaucoup plus systématique chez les femmes concernées. Le taux de vaccination doit également progresser fortement. En Occitanie, 51 % des femmes sont vaccinées, contre 32 % des garçons. La Lozère affiche le meilleur taux de la région, avec 60 % de la population vaccinée.
 

Un vaccin disponible depuis plus de 25 ans et reconnu comme sûr

 
La vaccination reste un enjeu majeur de santé publique. "Ce vaccin est disponible depuis plus de 25 ans et des pays comme la Suède et l’Australie sont pratiquement en train de faire disparaître le cancer du col de l’utérus", rappelle le Professeur Pierre Marès. Il insiste aussi sur sa sécurité : "Le vaccin ne provoque pas la sclérose en plaques. Il n’induit pas de polyarthrite. Il n’induit aucune pathologie".
 

Le HPV impliqué dans 6.500 cancers chaque année en France

 
Au-delà du cancer du col de l’utérus, le vaccin protège contre d’autres cancers. "Il y a 6.500 cancers par an liés à l’HPV en France. Il y a les cancers de l’anus et les cancers de la sphère ORL", précise le gynécologue. "Ça ne traitera pas tous les cancers, mais c’est quand même une opportunité".