Publié : 18h56 par
Johan Gesrel

Gramat : les artisans de la gnôle réunis pour défendre leur métier

Du jeudi 24 au dimanche 27 avril 2026, Gramat (Lot) accueillera le congrès national des bouilleurs ambulants. Encore près de 700 en France, ces artisans veulent rappeler leur rôle essentiel et lever les idées reçues autour de la distillation des fruits fermentés.

Les organisateurs du congrès national des bouilleurs de cru à Gramat.
Les organisateurs du congrès national des bouilleurs de cru à Gramat.
Crédit : Sébastien Calvet.
Les bouilleurs ambulants seront à l’honneur à Gramat (Lot) du jeudi 24 avril 2026 au dimanche 27 avril 2026. Leur congrès national réunira plusieurs centaines d’artisans venus de tout le pays pour défendre un métier ancien, toujours vivant, ancré dans les campagnes. Contrairement aux idées reçues, ils sont encore près de 700 en France.
 

Un métier souvent méconnu

Dans le Lot, on compte aujourd’hui 15 bouilleurs ambulants contre 70 il y a trente ans. Leur rôle reste pourtant essentiel dans la valorisation des récoltes. « Les bouilleurs de cru sont nos clients, les propriétaires d’arbres fruitiers qui amènent leurs fruits à distiller. Ne laissons pas pourrir les fruits, récupérons-les », explique Jacques Laniès, président du syndicat des bouilleurs ambulants du Lot.

Depuis la loi entrée en vigueur en 2024, chaque ménage disposant d’arbres fruitiers bénéficie d’une exonération totale de taxe sur la consommation d’alcool, dans la limite de 50 litres d’alcool pur par campagne de distillation. Une disposition qui encourage de nombreux particuliers à faire transformer leurs excédents de fruits.
 

Une activité liée au terroir

Chaque alambic peut accueillir jusqu’à 400 kilos de fruits, mais le rendement reste incertain. « C'est tout à fait aléatoire, cela dépend du sucre produit par le fruit et de la météo durant sa maturité », souligne Jean‑Michel Canut, bouilleur ambulant dans le Lot. En moyenne, les clients amènent environ 200 kilos de fruits.
Pour les artisans, la distillation s’inscrit dans une continuité : celle de l’arbre et du terroir. « L’alcool ne servait pas seulement à être bu : nos anciens l’utilisaient aussi au quotidien, pour les tâches ménagères », rappelle Jean‑Michel Canut. Un savoir-faire qui se transmet encore aujourd’hui, et que le congrès de Gramat (Lot) veut mettre en lumière.