Modifié : 7h45 par Joëlle Mège avec FP

Entre chaleur et consommation, le monde du vin s'adapte

Les salons des vins reviennent ce week-end sur le territoire, comme à Bort-les-Orgues (Corrèze) ou à Clermont-ferrand (Puy-de-dôme) avec le Salon des Vignerons Indépendants. Entre changement climatique et évolution des habitudes de consommation, les producteurs doivent aujourd'hui multiplier les leviers pour faire vivre leurs exploitations.

Vin rouge
Vin rouge
Crédit : pixabay.com

À Massiac (Cantal), Chloé Chassan cultive cinq hectares de vignes. Comme de nombreux producteurs, elle fait face à une baisse de production liée à la sécheresse et aux fortes chaleurs estivales. La vigneronne a choisi de diversifier ses activités pour sécuriser les revenus de l'exploitation familiale.

"Ce sont mes raisins que je cultive et ça, j'y tiens énormément. Je ne fais pas d'achat de raisins qui viennent d'ailleurs, même les années où je perds tout. Donc là, on est en diversification grâce à mon mari. Ce matin, je ramasse les dernières pommes de la saison. On a pas mal de maraîchage et un petit peu de culture de céréales."

À Massiac (Cantal), les touristes découvrent souvent avec étonnement l'existence d'un vignoble local.

"Le Cantal, ils connaissent souvent pour le fromage, la viande, les beaux paysages, mais le vin... Ils se rendent compte qu'on peut faire des tas de choses un peu partout et faire des vins qui ne ressemblent pas à tous les vins", explique Chloé Chassan. Nous, on a beaucoup de rochers ici, des coteaux. Quand on déguste, on se dit qu'on est dans un endroit particulier."

L'œnotourisme, un atout pour les exploitations

Au-delà de la production, les vignerons développent de nouvelles façons de rencontrer le public. Pour le président des Vignerons Indépendants de France, Jean-Marie Fabre, le contact direct avec les consommateurs est devenu essentiel.

"L'œnotourisme génère aujourd'hui plus de 12 millions de touristes dans le monde qui viennent en France et qui dépensent plus de 7 milliards d'euros."

Les caves ouvertes, les visites de domaines et les dégustations permettent aux producteurs de valoriser leur savoir-faire tout en faisant découvrir leurs territoires.

Séduire les jeunes consommateurs

Contrairement à certaines idées reçues, la filière estime que les jeunes générations continuent de s'intéresser au vin, à condition que le discours soit plus accessible.

"Des parts de marché s'ouvrent et la jeune génération continue à être interpellée par un produit à condition qu'on le leur explique de manière simple et qu'il corresponde à leurs attentes", souligne Jean-Marie Fabre.

Cette évolution passe aussi par de nouveaux usages. À l'occasion du Salon des Vignerons Indépendants de Clermont-Ferrand, qui accueille 116 exposants, les producteurs mettent en avant des pratiques comme la mixologie.

"La jeune génération prend plaisir avec les vins frais, les effervescents. Ils sont demandeurs de produits avec la capacité à pouvoir créer des produits à base parfois de matières premières différentes. L'idée n'est pas de dénaturer le vin. C'est aussi une manière de démystifier notre produit."

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.