Publié : 3 avril 2026 à 15h40

Disparus de l'Aveyron : le procureur antiterroriste refuse de se saisir

Le procureur antiterroriste Olivier Christen a refusé ce vendredi 3 avril 2026 de se saisir de l’affaire Cédric Prizzon et rappelle l’indépendance de la justice.

Justice (illustration)
Justice (illustration)
Crédit : Tiphaine Coulon / TOTEM

 

Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a annoncé ce vendredi 3 avril 2026 qu’il ne se saisirait pas de l’affaire concernant Cédric Prizzon, suspecté d’un double féminicide. L’homme de 42 ans est soupçonné d’avoir tué son ex-compagne puis sa compagne actuelle. Il a été interpellé le 25 mars au Portugal avec ses deux enfants après avoir quitté l'Aveyron quelques jours plus tôt.
 
Le Haut Conseil à l’égalité (HCE), présidé par Bérangère Couillard, avait appelé le Parquet national antiterroriste (Pnat) à reprendre le dossier, évoquant une possible idéologie masculiniste structurée. Une pétition en ligne soutenait déjà cette demande.
 

Olivier Christen défend l’indépendance de l’autorité judiciaire

Interrogé sur France Info, Olivier Christen a dénoncé toute forme d’ingérence : "Les faits (sont) absolument terrifiants et dramatiques et s'inscrivent dans l'approche masculiniste de réification de leurs femmes". Mais il a insisté : "Je n'entends pas me saisir parce que je pense que le parquet de Montpellier est tout à fait à même de traiter dans sa dimension la plus grave ces faits". L'enquête est ouverte à Montpellier pour meurtre par conjoint et "savoir si on donne une qualification terroriste ou non à des faits relève d'une décision de l'autorité judiciaire qui doit pouvoir agir dans toute son indépendance", a-t-il martelé.
 
Le procureur a fermement rappelé que "l’autorité judiciaire doit rester indépendante". Il juge "opportun que les organes rattachés au gouvernement se dispensent de donner ce qui peut paraître comme des instructions".
 
(Avec AFP)