Deux réacteurs EPR à la centrale de Golfech : une décision pour 2027
Ce mercredi 28 janvier 2026, le directeur de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a présenté ses voeux aux élus locaux. Visite décennale du réacteur n°2, conflit social, futurs EPR : Cyril Hisbacq revient sur tous ces sujets au cours d'un entretien accordé à TOTEM.
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2025 a été marqué par la troisième visite décennale de l'unité n°2 de la centrale nucléaire de Golfech. Comment s'est passé ce grand chantier ?
Notre mission de service public, c'est de produire en toute sûreté une électricité bas-carbone et souveraine qui nous permet de pas être dépendants de puissances étrangères. En 2025, nous avons produit 11,4 térawattheures (TWh) d'électricité, ça correspond à la consommation de 2,3 millions de foyers français, soit un tiers de la consommation totale de la région Occitanie. C'est un peu moins que la moyenne habituelle. On est plutôt autour de 16 térawattheures (TWh) à Golfech. C'est lié au programme industriel très dense que nous avons mené en 2025 avec deux arrêts pour maintenance et pour renouvellement de combustible dont effectivement la troisième visite décennale du réacteur numéro 2. Cette visite décennale est réalisée tous les 10 ans. Nous avons effectué plus de 20 000 activités de maintenance et de contrôle et mené 91 modifications d'envergure. Par exemple, tout le système de contrôle et de pilotage de l'installation a été renouvelé. Cet arrêt, extrêmement important, a été mené grâce à la mobilisation des salariés du site.
Actuellement, l'unité n°2 n'est pas totalement redémarrée, la faute à la grève menée cet automne ?
Le réacteur est en fonctionnement à basse charge et très prochainement, nous couplerons la turbine pour alimenter le réseau en électricité. Un arrêt décennal, c'est vraiment exceptionnel avec un très gros volume d'activités de maintenance et de contrôle à réaliser. . D'ailleurs, à l'issue de ces activités, l'ASNR, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, émettra un avis pour un fonctionnement de l'unité de production pour dix années supplémentaires. Donc, c'est quelque chose de particulièrement important. Au cours de ce type d'arrêt d'envergure, il est fréquent de rencontrer un certain nombre d'aléas techniques qui nécessitent une instruction, d'éventuelles réparations qui peuvent venir impacter la durée totale de l'arrêt. Et puis, au cours de cette visite décennale, nous avons également connu un mouvement social qui a longuement retardé les opérations de rechargement du combustible. La grève est un droit bien sûr que nous respectons pleinement et donc on ne fait pas plus de commentaires à ce sujet.
Quelle sera l'opération phare de 2026 ?
L'année 2026 va être vraiment guidée par la réussite du prochain arrêt de l'unité de production numéro 1 début mai. C'est un arrêt qui va durer environ trois mois. C'est un arrêt relativement conséquent où nous aurons effectivement un grand nombre d'opérations de maintenance et de contrôles à réaliser, 13 000 environs. Et donc c'est un arrêt un peu plus long que des arrêts que l'on appelle pour simple rechargement du combustible.
Difficile dans ces conditions de faire une projection de production pour 2026 ?
La projection de production dépend énormément effectivement de nos durées d'arrêt. Donc c'est ce qu'on cherche bien sûr à maîtriser et à réussir. Mais il y a un grand nombre d'autres paramètres qui vont rentrer en ligne de compte, et en particulier la demande électrique nationale. En fonction de cette demande, nous sommes appelés à moduler, donc à produire plus ou moins d'électricité.
Les élus locaux sont toujours mobilisés pour voir implanter deux EPR de nouvelle génération à Golfech ? Où en est-on ?
Sur le programme EPR2, il y a déjà six nouveaux réacteurs qui ont été décidés et qui vont être construits. Il y en a deux sur le site de Penly, deux à Gravelines, deux au Bugey. Et effectivement, il y a un dossier décisionnel que prépare EDF pour l'État, pour un éventuel projet de construction de huit réacteurs supplémentaires. C'est dans ce cadre-là que le site de Golfech est étudié. À ce stade, rien n'est décidé. Une potentielle décision pourra intervenir d'ici un an, sans doute début 2027.
Le fait que les élus soient pleinement favorables à ce projet, ça montre leur attachement au site actuel de Golfech ?
Absolument, c'est vraiment très important dans un dossier de candidature d'une telle ampleur d'avoir le soutien du territoire dans son l'ensemble. Il y a les élus mais également les acteurs économiques du territoire. Je me réjouis de la forte mobilisation du territoire autour de la centrale de Golfech.
Y a-t-il des embauches sur la centrale de Golfech ?
La centrale de Golfech, c'est un peu plus de 1000 salariés qui travaillent au quotidien chez nous. Donc forcément, il y a quelques départs, il y a quelques arrivées. En 2025, on a eu 59 nouveaux arrivants à Golfech dont 24 embauches. Ça correspond finalement à un volume habituel et normal. On a de très nombreux métiers à la centrale et en fait, en fonction des départs, on est appelé à recruter sur l'ensemble des métiers. Donc ça peut être un effectivement des chaudronniers. Je parle de ce sujet car à Valence-d'Agen le lycée Jean-Baylet a ouvert un bac pro technicien chaudronnerie industrielle. C'est un métier en tension, pas uniquement à Golfech, mais pour l'ensemble de la filière nucléaire. Donc c'est un projet que nous avons soutenu dès le début. Très prochainement, nous allons accueillir les élèves pour une visite des installations, pour des échanges avec nos salariés. Nous continuerons à contribuer en allant animer certaines séquences pédagogiques directement au lycée, bien entendu. En 2025, 74 stagiaires ont été accueillis à Golfech et 55 étudiants en alternance. Ça, c'est un point très important pour nous aussi. C'est un moyen de contribuer au développement des compétences de la filière nucléaire dans son ensemble.
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