Modifié : 19h07 par
Johan Gesrel

Cahors : l'usine qui met fin aux problèmes d'eau trouble après les orages

Depuis ce jeudi 22 octobre 2026, la nouvelle unité d'ultrafiltration de la Fontaine des Chartreux est officiellement en service à Cahors (Lot). Un équipement de plus de 19 millions d'euros qui doit permettre d'en finir avec les épisodes de turbidité de l'eau potable observés après les fortes pluies.

Le président du Grand Cahors Viven Coste lance officiellement l'unité d'ultrafiltration.
Le président du Grand Cahors Viven Coste lance officiellement l'unité d'ultrafiltration.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM

À Cahors (Lot), une étape importante vient d'être franchie pour la sécurisation de l'alimentation en eau potable. Ce jeudi 22 octobre 2026, le Grand Cahors a officiellement mis en service sa nouvelle unité d'ultrafiltration installée sur le plateau du Pech d'Angély près de la Croix Magne. L'eau de la Fontaine des Chartreux, qui alimente à elle seule environ 25 % de la population lotoise, transite désormais par cette nouvelle installation avant d'être distribuée aux habitants. L'objectif est clair : éliminer les problèmes de turbidité qui rendaient parfois l'eau impropre à la consommation après les épisodes orageux et entraînaient des distributions d'eau en bouteille.
 
Le principe repose sur un système de membranes microscopiques capables de filtrer les particules en suspension, mais pas seulement : "On pompe toujours au même endroit dans la Fontaine des Chartreux. Ensuite, l'eau est envoyée vers les modules d'ultrafiltration. C'est une barrière mécanique qui retient les virus, les bactéries et bien sûr la turbidité, tout en conservant les qualités minérales de l'eau cadurcienne", explique Franck Charron, responsable du développement commercial Lot chez Veolia Water Technologies.
 

Une réponse aux épisodes de fortes pluies

Jusqu'à présent, les forts orages pouvaient provoquer une mise en suspension de particules dans cette ressource karstique particulièrement sensible aux infiltrations rapides. "Aujourd'hui, il n'y aura plus ce type de problème puisque l'ensemble du débit passe par les modules d'ultrafiltration", souligne Franck Charron.
 
Une fois filtrée, l'eau garde ses qualités minérales (Crédit : Johan GESREL / TOTEM)
 
Sur le plan du traitement, l'installation utilise principalement la filtration mécanique. Seuls du chlore, pour garantir la qualité de l'eau jusqu'au robinet, et du charbon actif si nécessaire, viennent compléter le dispositif. L'unité entre désormais dans une phase d'exploitation progressive. Les équipes du Grand Cahors ont été formées au pilotage de l'installation et assureront son fonctionnement quotidien.
 

Le plus gros chantier de l'histoire du Grand Cahors

Pour le président du Grand Cahors, Vivien Coste, ce projet marque un tournant. "C'est le plus gros chantier que le Grand Cahors ait jamais porté en maîtrise d'ouvrage directe", rappelle-t-il. L'opération représente un investissement total de plus de 19 millions d'euros. Elle a été rendue possible grâce à une importante mobilisation des partenaires financiers.
 
L'Agence de l'eau Adour-Garonne apporte plus de 9 millions d'euros, tandis que le Syndicat d'eau potable du Quercy Blanc et le Département du Lot participent également au financement. Le reste à charge de la collectivité s'élève à un peu moins de 6 millions d'euros. L'exploitation de la nouvelle installation mobilisera cinq agents de la régie de l'eau et de l'assainissement, soit l'équivalent d'un poste à temps plein dédié.
 

Une intégration pensée pour le paysage

Au-delà de ses performances techniques, l'unité a fait l'objet d'un important travail architectural. Visible depuis plusieurs points hauts de Cahors, à proximité du pont Valentré, elle devait s'intégrer au mieux dans un environnement naturel particulièrement sensible. "L'enjeu était de limiter l'impact visuel de l'usine et de ne pas entrer en concurrence avec le patrimoine existant", explique Tom Mestiri, architecte de l'agence lotoise Montal Mestiri Architectes. Les concepteurs ont notamment utilisé des pierres issues du chantier pour créer des murs en gabions et reconstituer des éléments paysagers typiques du causse. Une attention particulière a également été portée à la biodiversité locale, notamment à la préservation du lézard ocellé. Ce lézard est le plus grand d’Europe et mesure jusqu’à 70 centimètres.