Modifié : 11 septembre 2026 à 22h47 par
Johan Gesrel
Cahors : fauchée le jour de ses 15 ans par une voiture sans chauffeur, Faustine attend d'être "reconnue comme victime"
Ce jeudi 17 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Cahors (Lot) juge l'homme impliqué dans l'accident qui a bouleversé la vie de Faustine. Près de quatre ans après avoir été percutée par une voiture sans chauffeur, la jeune femme de 18 ans, aujourd'hui paraplégique, témoignera à la barre.
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Faustine Poettoz et sa mère Coraline s'exprimeront lors du procès ce jeudi.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM
Près de quatre ans après l'accident qui a bouleversé sa vie, Faustine va faire face au prévenu. Ce jeudi 17 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Cahors (Lot) juge l'homme impliqué dans l'accident survenu le 21 septembre 2022 rue Fondue Haute. Il comparaît pour blessures involontaires avec une incapacité totale de travail supérieure à trois mois. Ce jour-là, Faustine fête ses 15 ans. En sortant du lycée avec sa grande sœur Justine, elle est percutée par une Peugeot 208 qui dévale la rue sans chauffeur. Le frein a main n'a pas été serré. L'adolescente est grièvement blessée. Aujourd'hui âgée de 18 ans, elle est paraplégique et se déplace en fauteuil roulant.
Jeudi, elle prendra la parole devant le tribunal. "J'y vais pour être reconnue comme victime et pour pouvoir essayer de tourner la page et avancer", confie Faustine, au micro de TOTEM. La jeune femme s'est préparée à cette audience depuis plusieurs semaines. Elle a rédigé un texte qu'elle compte lire devant les magistrats et souhaite s'adresser directement à l'homme qu'elle tient pour responsable de son handicap. "J'ai envie de lui expliquer que ça va mal. Ce qu'il a fait à une petite fille de 15 ans qui venait d'avoir 15 ans. J'ai découvert un monde que je ne voulais pas connaître. Je suis dans un fauteuil et ce n'était pas dans mes projets de vie", explique-t-elle.
"J'ai envie qu'il comprenne ma colère"
À l'approche du procès, l'anxiété est omniprésente. Pourtant, Faustine tente d'avancer malgré les séquelles physiques et psychologiques laissées par l'accident. "Le moral, des fois ça va, des fois ça va pas. C'est toujours des vagues", reconnaît-elle. En juin dernier, la jeune femme a décroché son baccalauréat avec mention. Elle vient d'entamer un BTS banque en alternance avec l'objectif de devenir conseillère bancaire. "Je veux montrer que même si je suis paraplégique, je peux travailler comme les autres. Il y aura des aménagements, mais je veux avoir une vie normale", souligne-t-elle.
Face au prévenu, âgé de 27 ans, Faustine veut également faire entendre sa colère. Selon sa famille, il était sous l'emprise du cannabis lors des faits. Sa mère indique également qu'il est porteur d'un casier judiciaire comprenant notamment une condamnation pour refus d'obtempérer. "J'ai envie qu'il comprenne, qu'il essaye de comprendre ma colère envers lui", affirme la jeune femme.
Une famille toujours marquée par un "tsunami"
Sa mère, Coraline Poettoz, prendra également la parole à la barre. Depuis l'accident, elle accompagne au quotidien sa fille dans son parcours médical et administratif. Elle a d'ailleurs créé une association destinée à accompagner les familles confrontées à des situations similaires : "Dans notre vie aujourd'hui encore, c'est un tsunami. On fait face à beaucoup de soucis, que ce soit au niveau de la santé de Faustine ou de notre vie de famille", témoigne-t-elle. Durant ces quatre dernières années, la famille a dû faire face aux opérations, aux rendez-vous médicaux, aux démarches administratives et aux travaux réalisés pour adapter le logement au handicap de la jeune femme.
Coraline Poettoz explique aussi n'avoir jamais reçu le moindre signe du prévenu. "Aucun mot de sa part, ni de son avocat, aucune sorte de repentance ou d'excuses. Très honnêtement, je n'attends vraiment pas grand-chose de lui", indique-t-elle. Si elle dit avoir confiance dans le déroulement du procès, la mère de famille reconnaît également une certaine appréhension face aux arguments qui seront développés par la défense. De son côté, Faustine ne se fait guère d'illusion sur la peine encourue. Mais son attente est ailleurs. "Je sais qu'il ne prendra pas une peine énorme, mais j'attends que la justice me reconnaisse comme victime", conclut-elle.
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