Modifié : 18h16 par Tiphaine Coulon avec Stéphane David

AVC : reconnaître les signes et appeler le 15 sans attendre

À l'occasion de la Journée mondiale contre l'AVC, les professionnels de santé rappellent les réflexes à adopter face à cette urgence vitale. À Rodez (Aveyron), la neurologue Amel Aït Kaki insiste sur l'importance d'une prise en charge rapide pour limiter les séquelles.

TOTEM

 

Chaque année, l'accident vasculaire cérébral (AVC) touche des milliers de personnes en France. Première cause de handicap chez l'adulte, deuxième cause de démence et troisième cause de mortalité, il constitue une urgence médicale absolue. À l'occasion de la Journée mondiale contre l'AVC ce jeudi 29 octobre, les spécialistes rappellent que chaque minute compte lorsqu'un AVC survient.
 
À Rodez (Aveyron), le docteur Amel Aït Kaki, neurologue à l'hôpital de Rodez, souligne l'importance d'une réaction rapide dès l'apparition des premiers symptômes.
 

Les signes qui doivent alerter immédiatement

Un AVC peut se manifester brutalement par plusieurs symptômes caractéristiques. Parmi les principaux signaux d'alerte figurent une déformation du visage, une faiblesse ou une paralysie d'un bras ou d'une jambe, ainsi que des troubles de la parole ou de la compréhension.
 
"Il faut mettre la personne en sécurité si elle a une faiblesse d'un membre, donc d'une jambe ou d'un bras, la positionner en sécurité pour éviter qu'elle tombe et qu'elle n'ait un traumatisme et appeler directement les urgences, donc le 15 ou le 112", explique la neurologue Amel Aït Kaki.
 
La rapidité de la prise en charge est déterminante. Dans certains cas, notamment lors d'un AVC ischémique provoqué par un caillot sanguin, un traitement spécifique peut être administré dans les heures qui suivent l'apparition des symptômes.
 

Un traitement efficace si l'intervention est rapide

Selon la spécialiste, un AVC ischémique pris en charge dans un délai inférieur à 4 h 30 peut bénéficier d'une fibrinolyse intraveineuse. Ce traitement vise à dissoudre le caillot responsable de l'interruption de l'irrigation sanguine du cerveau. Cette intervention permet d'améliorer considérablement les chances de récupération du patient, avec parfois une disparition complète des séquelles. D'où l'importance d'appeler immédiatement les secours, même en cas de doute.
 
Les professionnels de santé rappellent également qu'un épisode qui disparaît spontanément après quelques minutes ne doit jamais être négligé. Même lorsque les symptômes régressent rapidement, une consultation médicale urgente reste indispensable, car il peut s'agir d'un signal annonciateur d'un AVC plus sévère.
 

Prévenir l'AVC grâce à l'hygiène de vie

La prévention repose en grande partie sur la maîtrise des facteurs de risque modifiables. Le docteur Amel Aït Kaki cite notamment l'hypertension artérielle, le diabète, l'excès de cholestérol et le tabagisme.
 
Pour réduire le risque d'AVC, les recommandations sont connues : pratiquer une activité physique régulière, adopter une alimentation équilibrée, limiter la consommation de sel, de sucre et d'aliments gras, mais aussi modérer sa consommation d'alcool.
Certaines causes, comme les troubles du rythme cardiaque, ne peuvent pas toujours être évitées. Elles peuvent néanmoins être dépistées et prises en charge afin de réduire le risque de complications.