Modifié : 0h13 par Stéphane DAVID

Auto-écoles : le prix du carburant inquiète la profession

La hausse des prix des carburants continue de peser lourdement sur les finances des auto-écoles. Confrontés à des charges en forte augmentation et à un nombre de candidats au permis moins important qu'auparavant, les professionnels du secteur réclament désormais un soutien de l'État pour préserver leur activité.

Avec un carburant cher, les auto-écoles craignent d'être à l'arrêt
Avec un carburant cher, les auto-écoles craignent d'être à l'arrêt
Crédit : Stéphane DAVID, TOTEM

 

Le carburant, une charge devenue difficile à supporter. Dans les auto-écoles, le carburant représente une dépense incontournable. Or, avec l'augmentation des prix à la pompe, ce poste pèse de plus en plus sur les finances des entreprises. Une situation d'autant plus délicate que les auto-écoles ne bénéficient pas des dispositifs d'aide accordés à d'autres professions fortement dépendantes des carburants. Pour maintenir leur équilibre économique, certaines structures ont déjà été contraintes de revoir leurs tarifs à la hausse. Une solution qui ne satisfait pas les professionnels, conscients qu'une nouvelle augmentation pourrait décourager une partie de leur clientèle.
 

Des tarifs déjà revus à la hausse

 
À La Primaube, Christophe Gaubert, gérant de l'auto-école AMC Formation, explique que les professionnels ont déjà pris des mesures. Notamment augmenter le prix des heures de conduite, pour absorber une partie de la hausse des coûts. " C'est déjà fait, c'est-à-dire qu'on n'a pas eu d'autre choix, sinon on travaillait pour rien. Et oui, si le carburant venait encore à augmenter, on n'aurait pas d'autre choix que de le répercuter à nouveau, sur les leçons ", explique Christophe Gaubert. Selon lui, cette situation va à l'encontre de l'objectif affiché depuis plusieurs années, de rendre le permis de conduire plus accessible. " Ce n'est pas en augmentant nos charges de fonctionnement que l'on va y arriver. Déjà que l'engouement pour le permis de conduire est beaucoup plus bas que ce qu'on connaissait, il y a une quinzaine ou une vingtaine d'années. "
 

Une demande d'aide adressée à l'Etat 

 

Face à cette hausse continue des dépenses, les auto-écoles estiment légitime de bénéficier d'un accompagnement similaire, à celui accordé à d'autres professions. " Au même titre que les transporteurs, les ambulanciers ou les taxis, on demande effectivement à avoir cette aide sur le prix du carburant. Parce que le carburant est notre matière première ", poursuit le responsable d'AMC Formation. Concernant la forme que pourrait prendre cette aide, Christophe Gaubert n'avance pas de mesure précise, mais évoque la possibilité d'une subvention, destinée à compenser une partie des surcoûts. " Je ne suis pas compétent pour savoir sous quelle forme serait cette aide-là, mais il me semble qu'effectivement une subvention pourrait être une très bonne idée. "

 

Un risque pour l'ensemble du secteur

 
Les professionnels craignent que la poursuite de la hausse des carburants fragilise davantage les petites structures. Entre l'augmentation des charges et un marché devenu plus concurrentiel, nombre d'entre eux redoutent une dégradation durable de leur activité. Pour les auto-écoles, le défi est désormais de trouver un équilibre entre la nécessité de préserver leur rentabilité et celle de maintenir un coût du permis accessible, aux futurs conducteurs.