Modifié : 23 septembre 2026 à 19h08 par
Stéphane Jacquemin
Tri des déchets : le SYTTOM 19 traque les erreurs
Le Syttom 19 lance une nouvelle campagne de sensibilisation sur l'ensemble de la Corrèze afin de réduire les erreurs de tri. Si les performances progressent depuis l'extension des consignes en 2023, les refus de tri explosent eux aussi, avec un coût financier et environnemental important pour les collectivités.
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Plus de déchets recyclés, mais aussi plus d'erreurs
Depuis la généralisation de l'extension des consignes de tri au 1er janvier 2023, les habitants de Corrèze trient davantage leurs déchets. Une évolution positive qui permet de récupérer chaque année davantage de matières recyclables.
Mais cette progression s'accompagne d'un phénomène moins réjouissant : l'augmentation des erreurs de tri. Selon les chiffres du Syttom 19, les refus de tri sont passés de 3 444 tonnes en 2023 à 4 696 tonnes en 2025, soit une hausse de plus de 36 %.
"On a 2 000 tonnes de plus de déchets récupérés chaque année", explique Jean‑François Labbat, président de Tulle Agglo et vice-président du Syttom 19. "En revanche, on a des refus de tri qui ont augmenté de 1 000 tonnes."
900 000 euros supplémentaires pour les collectivités
Ces erreurs ne sont pas sans conséquence pour les finances publiques.
"Ces refus de tri nous coûtent 900 000 euros de plus que quand on a commencé", poursuit Jean‑François Labbat.
Chaque déchet mal orienté doit d'abord être traité en centre de tri, puis transporté avant d'être finalement éliminé. Une double, voire triple manipulation qui représente des dépenses supplémentaires pour les collectivités et donc pour les contribuables.
Le bac jaune réservé aux emballages
Pour faire évoluer les comportements, le Syttom 19 et Citeo déploient depuis ce mercredi 23 septembre 2026 une campagne de communication sur l'ensemble du territoire corrézien.
Le message est simple : seuls les emballages ont leur place dans le bac jaune. "Si c'est un emballage, je peux le mettre dans le bac jaune", rappelle Antoine André, directeur régional Sud-Ouest de Citeo. "Mais il ne faut pas mettre un autre objet qui n'est pas un emballage, comme une basket ou une brosse à dents " précise Jean François Labbat.
Autre erreur fréquente : imbriquer les emballages les uns dans les autres. "Les boîtes en carton ou les pots de yaourt doivent être déposés séparément afin de faciliter leur identification sur les chaînes de tri."
Parmi les autres erreurs les plus souvent relevées figurent les jouets en plastique, les textiles, les chaussures, la vaisselle cassée ou encore les déchets d'hygiène, qui ne doivent jamais être déposés dans le bac jaune.
Des déchets parfois dangereux
Au-delà de l'impact économique, certaines erreurs peuvent mettre en danger les professionnels de la filière. "Malheureusement, on retrouve parfois des bonbonnes de gaz dans les bacs de tri", alerte Pierre Pittman, directeur du Syttom 19. "Cela peut provoquer une explosion ou un incendie dans un centre de tri."
Les agents peuvent également être confrontés à des déchets d'activités de soins ou à des objets dangereux susceptibles de provoquer des blessures lors des opérations de collecte et de tri.
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Crédit : ©SYTTOM 19
L'intelligence artificielle bientôt à la rescousse ?
Pour l'heure, la démarche se veut essentiellement pédagogique. Affiches, signalétique renforcée sur les points d'apport volontaire et campagne dans les médias locaux doivent permettre de rappeler les bons gestes aux habitants.
Mais à moyen terme, des contrôles plus poussés pourraient voir le jour.
Certaines collectivités françaises expérimentent déjà des dispositifs reposant sur l'intelligence artificielle pour identifier automatiquement les erreurs de tri lors de la collecte. L'objectif reste le même : améliorer la qualité du tri, réduire les coûts de traitement et augmenter les quantités de déchets recyclés.
Une Corrèze parmi les meilleurs élèves
Malgré ces difficultés, la Corrèze conserve de très bons résultats en matière de tri sélectif. En 2024, chaque habitant a trié en moyenne 80,2 kg d'emballages et de papiers, soit 8 kg de plus que la moyenne nationale. Un niveau de performance que le Syttom19 souhaite encore améliorer grâce à cette nouvelle campagne de sensibilisation.
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