Modifié : 7h20 par Joëlle Mège avec FP

En Auvergne Rhône-Alpes, les travaux publics au ralenti

La Fédération régionale des travaux publics Auvergne-Rhône-Alpes alerte sur un net ralentissement de l'activité dans la région. Les entreprises du secteur redoutent des conséquences sur l'emploi comme sur l'entretien des infrastructures.

TOTEM

La Fédération régionale des travaux publics Auvergne-Rhône-Alpes appelle les collectivités à relancer rapidement leurs investissements. Selon son président délégué, Charles Robinet, la situation se dégrade fortement en Auvergne. "Nous avons plus de 30 % d'appel d'offre en moins. Nous sommes à 14 %, 15 % d'activité en moins sur l'Auvergne. La dégradation de l'emploi, on est à plus de 3 % d'augmentation des mises au chômage et tout ça avec une hausse des coûts quasiment à 8 %."

Les professionnels évoquent un véritable "effet ciseau". D'un côté, l'activité ralentit fortement. De l'autre, les coûts continuent d'augmenter. Si le secteur s'attendait à un coup de frein lié aux élections municipales, l'ampleur du phénomène surprend. "Il est évident que nous savions que les élections municipales interviennent d'une manière générale, mais à cela s'ajoutent aussi les phénomènes de canicule. Et surtout, c'est que l'arrêt au niveau des élections municipales a été très violent."

La crainte d'une "dette grise"

Au-delà de l'impact économique immédiat, la fédération met en garde contre le risque de reporter certains chantiers pour réaliser des économies à court terme. Les professionnels parlent de "dette grise". Ce terme désigne l'accumulation de travaux d'entretien non réalisés sur les réseaux et les équipements publics. La fédération insiste notamment sur les besoins en matière d'eau et d'assainissement. Avec la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, les infrastructures sont mises à rude épreuve. Charles Robinet juge indispensable de poursuivre l'entretien des ouvrages existants pour éviter une dégradation progressive du patrimoine public. "C'est des milliards de patrimoine qui sont en train de se dégrader d'année en année. Et si on ne fait pas le nécessaire pour les maintenir, ça coûtera beaucoup plus cher dans les années à venir."