Publié : 15h14 par Hélène Gosselin

Lozère. Devenus comédiens professionnels, ils reprennent le théâtre de leur enfance

Situé à côté de Langogne et le long du chemin de Stevenson, le théâtre de l'Arentelle est repris par Romain Fortier et Benoît Cornet, des enfants du pays.

Romain Fortier et Benoît Cornet au théâtre de l'Arentelle
Romain Fortier et Benoît Cornet au théâtre de l'Arentelle
Crédit : Hélène Gosselin

C'est une belle histoire qui se déroule en ce moment à côté de Langogne, à Saint-Flour de Mercoire (Lozère). Et la signature a lieu justement ce lundi 30 mars. Les créateurs du théâtre de l'Arentelle passent la main à Benoît Cornet et Romain Fortier, des enfants du pays devenus comédiens professionnels. 

Dès l'entrée au-dessus du bar, on peut lire ces mots : "L'utopie, ce n'est pas l'horizon, c'est le point de départ" et ça résumé assez bien l'esprit du théâtre.  "Ce lieu, c'est un peu un oasis culturel au milieu de nulle part. C'est un théâtre de 120 places au milieu d'un village de 150 habitants perdu dans le Gévaudan", décrit Benoît Cornet, qui a justement rencontré Romain Fortier dans ce théâtre. Tous deux sont ensuite devenus comédiens et metteurs en scène professionnels.

"On est les enfants du lieu, commente Romain Fortier. Quand on était plus jeune, on a commencé à faire notre petite troupe à 14 ans, à deux. Et on se disait qu'on reprendrait le théâtre de l'Arentelle quand on serait grand. Et il s'avère qu'en fait, c'est ce qui arrive vraiment. Donc c'est vraiment un rêve d'enfance." 

Le théâtre a été créé en l'an 2000 par Bruno et Geneviève de l'association L'Hermine de Rien. Le théâtre est une vieille ferme rénovée et transformée en théâtre. Il est composé d'une grande salle de spectacle avec des fauteuils rouges, une grande scène et la salle est toute équipée. "Elle a à la fois le charme du rural avec des murs en pierre, une charpente en bois. Et en même temps, c'est une belle salle où les artistes sont bien accueillis et ont tout ce qu'il faut pour bien travailler", sourit Benoît. 

C'est grâce à la société coopérative "Villages Vivants" que Benoît et Romain peuvent reprendre le lieu. La société rachète le théâtre et finance certains travaux pour créer un espace de restauration et un gîte le long du chemin de Stevenson. L'objectif est d'accueillir les randonneurs, nombreux au printemps et en été, et les artistes en résidence. 

Quant à l'esprit du lieu, les nouveaux gestionnaires entendent bien le faire perdurer : "Le théâtre s'appelle l'Arentelle, ce qui veut dire toile d'araignée en occitan, explique Romain. Bruno et Geneviève, de l'association l'Hermine de rien, ont choisi ce nom pour symboliser le fait de créer des liens entre les personnes qui sont éloignées en milieu rural. Et nous, on a choisi d'appeler notre association Les Cantonniers avec le même esprit pour entretenir les chemins qui peuvent relier les personnes là où on a du mal à se retrouver à la campagne. On veut continuer dans le même esprit, que ce soit un lieu de culture, mais avant tout un lieu où on puisse se rencontrer, un lieu social."

Des stages de théâtre auront lieu cet été et la nouvelle programmation de l'Arentelle sera lancée en septembre. Quant au gîte, il faudra patienter un peu. Les travaux devraient être terminés au printemps 2028.