Publié : 10h37 par Benjamin Terrié

Le street art de Decazeville sous les projecteurs du prestigieux média "Brooklyn Street Art"

C’est un coup de projecteur totalement inattendu pour l'Aveyron ! Le prestigieux média new-yorkais « Brooklyn Street Art » a consacré un article complet aux fresques urbaines de Decazeville. Une reconnaissance internationale majeure pour la politique culturelle de la ville, lancée il y a maintenant sept ans.

Fresque de street art réalisée par l’artiste aveyronnais Jokolor à Decazeville (Aveyron)
L’artiste JoColor a travaillé 15 jours sur cette fresque à l’école Jean Moulin à Decazeville.
Crédit : Benjamin Terrié / Totem

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Decazeville (Aveyron) et de ses alentours assistent à une véritable métamorphose urbaine. De nouvelles fresques colorées fleurissent sur les murs, transformant la ville en un musée à ciel ouvert. Initié en 2019, ce projet d'envergure est né de l’initiative de Nicolas Viala, du service culture de Decazeville Communauté : "donner de la culture et de l'art à voir gratuitement dans la rue". Sept ans plus tard, le pari est amplement réussi. Le territoire compte aujourd'hui une soixantaine d'œuvres réparties sur sept communes, du bassin de Decazeville jusqu'à la vallée du Lot.

 

257 m² recouverts à l’arrière de l'école Jean Moulin

Ce mercredi 20 mai marquait une étape symbolique importante avec la fin d’un chantier de 15 jours situé à l’arrière de l’école Jean Moulin. Pour redonner vie à ce mur colossal de 257 mètres carrés, la communauté de communes a choisi de faire appel à l’artiste aveyronnais Jokolor.

Sur ce mur, Jokolor avait déjà réalisé une première fresque participative impliquant 150 écoliers, parents et lycéens. Mais suite à des travaux d'isolation thermique par l'extérieur, l'œuvre originale a été effacée. "Ce mur, il y a sept ans, avait été un déclencheur pour ma carrière", confie l’artiste. "Revenir aujourd'hui me permet de proposer une nouvelle interprétation, de montrer mon évolution graphique, tout en gardant le thème des bouleaux qui me tient tant à cœur".

 

Fusionner l'art, la lumière et la nature

Pour cette nouvelle version, Jokolor a vu les choses en grand avec une technique rigoureuse : 90 % de l'œuvre a été réalisée au pinceau, au rouleau et au pistolet à peinture, et seulement 10 % à la bombe aérosol, en privilégiant des peintures écoresponsables non-solvantées.

L’objectif premier de l’artiste était de fondre totalement sa fresque avec l’environnement naturel. Pour cela, il a imaginé un subtil jeu de lumière, oscillant entre des tons chauds d'un côté et une clarté blanche et intense de l'autre.

Jokolor a choisi de ne pas peindre de feuillage sur ses arbres pour laisser place aux vraies feuilles des arbres environnants pendant la belle saison. À l'arrivée de l'hiver, la fresque prendra le relais en apportant une chaleur colorée et vibrante au quartier.