Publié : 6h00 par Hélène Gosselin

Le groupe de colleuses féministes de Lozère passe à l'action

Quatre messages ont été collés, contre le machisme mais aussi contre le fascisme.

Collage réalisé au Chapitre à Mende
Collage réalisé au Chapitre à Mende
Crédit : Hélène Gosselin

 

Mardi soir, alors que la nuit est déjà tombée, les colleuses féministes de Lozère se garent devant l’un des murs choisis. Feuilles prêtes, colle en main, pinceaux au poing : le rituel bien rodé peut commencer. Leur objectif du soir : afficher des messages forts, visibles, et surtout impossibles à ignorer.

« Là, on peut en mettre un long parce qu'il y a de la place », souffle l’une d’elles avant de coller un slogan sans équivoque : « Le racisme, l'homophobie et le machisme tuent. » Un autre message est rapidement proposé : « Face au fascisme et au machisme, nous serons ingouvernables. »

Au total, quatre textes apparaîtront dans la nuit autour de Mende.

 

UN CONTEXTE POLITIQUE TRÈS PRÉSENT

Pour les colleuses, ces actions ne naissent jamais de nulle part.
« On voit une montée de l'extrême droite et un recul des valeurs comme l’égalité. Ça fait un net recul, et on luttera pour pas que ça passe », explique l’une d’entre elles.

L’appel à un rassemblement ce mercredi à 18h30 place du Foirail, diffusé sur Instagram et TikTok par le groupuscule d’extrême droite La Jeunesse Mendoise, renforce leur détermination.

Ce rassemblement vise à rendre hommage à Quentin Deranque, militant identitaire décédé après une rixe à Lyon le 21 février. Pour les colleuses, il était important de rappeler qu’« on n’est pas tous dans cette mouvance-là, bien au contraire ».

 

UN MODE D’ACTION REVENDIQUÉ COMME PACIFISTE

Si elles collent, c’est aussi pour se réapproprier l’espace public. « Les hommes y ont une liberté totale et les femmes sont toujours en train de longer les murs et faire le moins de bruit possible », confie une militante.

Le collage s’impose comme un geste symbolique, mais assumé : « On fait de mal à personne. On colle juste des feuilles de papier sur des murs, et moi, c'est ce qui me plaît dans cette façon de militer. »

Des affichages qui ont une durée de vie limitée, enlevés parfois rapidement, d'autres restent plusieurs semaines.

Un collage en Lozère