Publié : 2 mars 2026 à 20h16 par Hélène Gosselin

La Lozère compte de plus en plus de personnes surendettées

La Banque de France a reçu 30% de demandes en plus en 2025, ce qui porte le nombre de dossiers à 108 dans le département.

TOTEM

Des salaires légèrement sous la moyenne nationale et des charges courantes situées au-dessus. Ce sont les caractéristiques qui mènent parfois les ménages lozériens au surendettement. En 2025, le nombre de dossiers traités par la Banque de France a connu une augmentation d'environ 30%, ce qui est bien plus que l'évolution nationale, comme l'explique Xavier Aubry, le directeur départemental de la Banque de France.

"On est aujourd'hui à 31,7% de dossiers en plus en 2025, ce qui nous fait plus de 74% d'augmentation sur deux ans. On est largement au-dessus des moyennes nationales et d'Occitanie qui sont aux alentours d'un peu moins de 10% d'augmentation des dépôts de dossiers. Tout cela est à relativisé bien sûr avec les chiffres lozériens puisqu'on parle de 108 dossiers déposés au total, mais la tendance est assez importante."

Concernant les explications de cette hausse, le directeur départemental évoque l'inflation "qui a du mal à être supporté par un certain nombre d'usagers", entraînant "une pauvreté qui augmente". La communication de la Banque de France a également fait son chemin, estime Xavier Aubry.

En revanche, en Lozère on ne retrouve pas la tendance nationale des jeunes à se retrouver en difficulté à cause du recours aux microcrédits. Le profil des personnes concernées par le surendettement est plus diversifié que les années passées, mais les jeunes sont très peu concernés. Les dossiers touchent pour moitié des hommes et pour moitié des femmes, 55% sont actifs et 44% sont âgés entre 35 et 54 ans. L'une des particularités de la Lozère est le poids que représente les charges courantes dans le budget, et notamment le chauffage, dans des bâtiments qui dvraient être rénovés. Xavier Aubry parle d'effet ciseau : 

"On constate en Lozère, un taux moyen horaire salarial qui est un peu plus faible par rapport à la proportion nationale, mais on a un taux moyen de charges courantes un peu plus élevé qu'au niveau national, notamment effectivement les coûts énergétiques des particuliers. Et donc vous comprenez que cet effet ciseaux, avec des revenus un peu plus faibles et des charges un peu plus élevées, crée automatiquement des situations difficiles pour subvenir à ces charges courantes à la fin du mois et peut entraîner un dépôt de dossier à la Banque de France." 

Avant de vous retrouver en situation de surendettement, vous pouvez vous adresser à plusieurs organismes, comme l'Udaf par exemple, l'union départementale des associations familiales, qui peut vous accompagner dans la gestion d'un budget.