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Hélène Gosselin - Journaliste

Justice. Un Lozérien condamné à 17 ans de prison pour le viol de ses beaux-enfants

A L'issue de trois jours de procès devant la cour criminelle de Mende, l'homme de 42 ans a été reconnu coupable. Il a reconnu les faits.

Le tribunal de Mende (Lozère)
Le tribunal de Mende (Lozère)
Crédit : Hélène Gosselin / Totem

Alors que des rassemblement en hommage à Lyhanna et en faveur de la loi intégrale se tiennent devant de nombreux tribunaux en France tous les lundis, un homme de 42 ans comparaissait depuis lundi 21 septembre devant la cour criminelle de Mende (Lozère). Il est accusé d'avoir violé ses deux beaux-enfants et sa fille pendant plusieurs années. Retour sur trois jours d'audience. 

Lundi lors de la première journée d'audience. A la barre, l'accusé est assez imposant, sa voix est posée. Il répond à la présidente du tribunal de façon analytique et dépourvue d'émotion. Il est accusé d'avoir pendant neuf ans, commis des agressions sexuelles et des viols sur le fils et la fille de sa compagne et sur sa propre fille, souffrant d'un handicap, alors qu'ils avaient entre 5 et 12 ans.

C'est en 2023, quelque mois après la séparation d'avec la mère des enfants que son beaufils a dénoncé les faits. Il explique alors qu'il s'enfermait dans la chambre avec l'un des enfants lorsque la mère était au travail.

Pendant cette première journée d'audience, l'histoire et la personnalité de l'accusé ont révélé un passé tissé de sévices physiques, psychologies et sexuels. Placé dès l'âge de 2 ans en famille d'accueil, puis en foyer, l'accusé a été violenté par sa mère, puis violé à plusieurs reprises par son demi-frère d'abord, puis dans des foyers par d'autres jeunes de l'aide sociale à l'enfance.

Il décrit à la barre le mécanisme de mise à distance des gens et des émotions qu'il a alors développé pour se protéger. Un mécanisme qu'il utilise dit-il encore là, lorsqu'il témoigne à la barre de sa voix analytique. Il ne nie pas les faits, il les explique, les regrette un peu. Et lorsque sa belle-fille, âgée de 15 ans aujourd'hui, confirme devant la cour ses déclarations maintes fois déjà répétées, il a les yeux baissés.

Me Cécile Bessière : "ça a duré toute leur vie"

Mardi, deuxième journée d'audience. Les comptes-rendus d'audition des deux autres enfants, son beau-fils et sa fille, sont lus par la présidente du tribunal. Ils répètent et confirment les violences sexuelles et les viols, surtout le garçon victime dès ses 4 ou 5 ans. L'accusé revient à la barre pour répondre aux questions. Et ses déclarations spontanées sonnent comme un discours bien rodé. Pas d'hésitations, de tremblements quand il déclare "C'est au-delà de ce que j'imaginais. Ça m'a brisé le cœur. Je dois expier, je regrette".

Comme le soulignera ensuite l'avocate de la partie civile, Maître Cécile Bessière : « Il a eu le temps de se préparer, je ne crois pas à son dicours". Elle rappelle que les enfants se sont construits avec ces agressions alors qu'ils l'appelaient papa. "ça a duré toute leur vie", insiste-t-elle. L'avocat général, Valéry Morron n'est pas convaincu lui non plus "le discours s'est fissuré au fur et à mesure. L'ensemble du profil fait de l'accusé un prédateur immature et égocentrique », tranche-t-il. Il requiert 15 ans de réclusion criminelle pour "les centaines de viols perpétrés sur les trois enfants", l'interdiction définitive d'exercer une profession en lien avec les mineurs, l'interdiction de paraître en Lozère pendant 10 ans, et le retrait de l'autorité parentale, 10 ans d'inéligibilité, ainsi qu'une obligation de soins et un suivi socio-judiciaire de 10 ans et l'inscritpion au fichier fijaivs

La cour ne retient pas la qualification de viol pour sa fille, mais d'agression sexuelle. Il est en revanche reconnu coupable de viol sur ses beaux-enfants. La cour va au-delà des réquisitions de l'avocat général. Elle le condamne à 17 ans de réclusion criminelle assorti d'une période de sûreté des deux-tiers de la peine, ainsi qu'à l'interdiction de rentrer en contact avec les victimes, 10 ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soin, une peine d'inéligibilité de 10 ans, l'interdiction définitive d'exercer des activités en lien avec les enfants, et lui retire l'autorité parentale. En revanche, n'est pas retenue la demande d'intediction de paraître en Lozère. 

L'accusé a 10 jours pour faire appel de la décision.