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Fabien Taccard Blanchin - Journaliste

Castelsarrasin : pourquoi le prix de l'eau fait autant débat ?

À Castelsarrasin, la hausse du prix de l'eau alimente une vive controverse. L'élu d'opposition Julien Suères dénonce une augmentation jugée insoutenable pour les ménages tandis que le Syndicat Mixte Eaux Confluences (SMEC) défend une politique d'investissements indispensable.

Les bureaux du SYNDICAT MIXTE EAUX CONFLUENCES
Les bureaux du SYNDICAT MIXTE EAUX CONFLUENCES
Crédit : SMEC

Derrière les factures d'eau, c'est une véritable bataille de fond sur le financement du service public qui se joue. Le sujet s'est invité au cœur de l'actualité locale ces derniers jours à Castelsarrasin. Dans plusieurs publications sur Facebook diffusées depuis la mi-octobre, l'élu d'opposition Julien Suères critique vivement l'évolution du tarif de l'eau.

Selon lui, les factures auraient augmenté de près de 85 % en quatre ans. Une trajectoire qu'il juge préoccupante alors que le SMEC a déjà évoqué la poursuite des investissements sur les réseaux dans les années à venir.

L'élu a lancé une pétition autour de trois revendications : le gel du prix de l'eau pour les familles, la recherche d'autres sources de financement que les seules factures des usagers et la mise en place d'une tarification davantage tournée vers la justice sociale, avec la gratuité des premiers mètres cubes et une contribution renforcée des gros consommateurs.

Dans ses prises de parole, Julien Suères estime que les habitants ne devraient pas supporter seuls le coût du renouvellement des infrastructures. Il pointe notamment la responsabilité des anciens délégataires privés de l'eau, la SAUR et Veolia, qui ont exploité les réseaux avant leur retour dans le giron public.

Après une rencontre avec la direction du syndicat, il a toutefois salué l'ouverture du dialogue tout en maintenant ses désaccords sur la politique tarifaire et le mode de financement retenu.

 

Le SMEC défend ses investissements et sa stratégie

Face aux critiques, le Syndicat Mixte Eaux Confluences a diffusé un long communiqué le 22 octobre afin d'apporter des "éléments de réponse factuels". Le syndicat rappelle que le prix de l'eau est fixé chaque année par vote des élus représentant les 23 communes adhérentes et qu'il doit permettre de financer l'exploitation du service mais aussi un ambitieux programme de travaux.

Le SMEC met notamment en avant plus de 13,4 millions d'euros d'investissements réalisés en 2025 pour renouveler ou réhabiliter les réseaux d'eau potable et d'assainissement. Des travaux jugés indispensables pour limiter les pertes d'eau, sécuriser l'approvisionnement et éviter des réparations plus coûteuses à l'avenir.

Concernant la sobriété de la ressource, le syndicat affirme avoir déjà atteint une baisse de 7 % des volumes prélevés dans le cadre d'un objectif de réduction de 10 % d'ici 2030. Dans son communiqué, le SMEC souligne également que l'évolution future des tarifs n'est pas définitivement arrêtée et dépendra des besoins d'investissement, des coûts de fonctionnement et des financements mobilisables.

Une bataille politique désormais bien installée

Le débat s'est également déplacé sur le terrain de la communication. Le maire de Castelsarrasin et président du SMEC, Jean-Philippe Bésiers, a publié un visuel comparant le coût de l'eau du robinet à celui de l'eau en bouteille. Selon cette communication, l'eau distribuée par le syndicat reviendrait à 3,66 euros TTC le mètre cube, contre 86,67 euros TTC le mètre cube pour de l'eau minérale vendue en grande distribution.

De son côté, Julien Suères considère que la question n'est pas celle du prix comparé à l'eau en bouteille mais celle de la capacité des ménages à absorber de nouvelles hausses. 

Le prochain rendez-vous pourrait intervenir d'ici la fin de l'année, lorsque les élus du syndicat devront se prononcer sur les futurs tarifs de l'eau. Un vote très attendu dans un dossier qui dépasse désormais largement la seule question de la facture.