Modifié : 20h00 par
Stéphane Jacquemin
Brive : les lycéens dans la rue, l'État répond
Près de 500 lycéens ont participé, ce mardi 6 octobre 2026, à une nouvelle journée de mobilisation à Brive (Corrèze). Face à la mobilisation, le gouvernement a annoncé l'organisation d'un temps de dialogue dans tous les établissements dès ce mercredi. Une première réponse qui ne suscite pas le même accueil chez tous les lycéens.
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350 lycéens ont participé à la mobilisation ce mardi à Brive (Corrèze).
Crédit : SJ©2026-TOTEM
Une mobilisation toujours aussi visible à Brive
Troisième journée de mobilisation pour les lycéens brivistes. Dès la matinée, plusieurs rassemblements se sont formés devant les établissements scolaires de la ville avant de converger vers le centre-ville. Au total, près de 500 jeunes ont participé au mouvement.
Une mobilisation qui a également reçu le soutien de plusieurs organisations syndicales. Sur le terrain, l'ambiance est restée calme malgré le caractère spontané du mouvement.
"C'est pas du tout structuré, mais ça reste bon enfant, ça me fait penser à un carnaval. On voit certains élèves déguisés", constate Céline Droal, co-secrétaire départementale de la FSU en Corrèze.
"On n'est pas là pour organiser ou récupérer le mouvement. Nous, on les suit. On ne sait absolument pas ce qu'ils vont faire de la journée. On essaie juste, avec nos petits moyens, de faire en sorte que tout se passe bien et d'éviter de possibles débordements."
Finalement, aucun incident n'a été signalé au cours de cette journée.
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Le mouvement s'est construit de manière spontanée tout au long de la journée.
Crédit : SJ©2026-TOTEM
"Il faut qu'on fasse entendre notre voix"
Dans le cortège, les revendications sont nombreuses. Conditions de travail, rythme scolaire, avenir étudiant : les lycéens ont le sentiment que leurs préoccupations sont insuffisamment prises en compte.
Naïs, élève de terminale, explique les raisons de sa présence.
"Il faut qu'on fasse entendre notre voix. C'est surtout pour les conditions au lycée et aussi pour notre vie étudiante. Tout ce qui est Parcoursup, on veut que ça se supprime. Et les aides au logement pour les étudiants, beaucoup en ont besoin. On a l'impression de ne pas être écoutés."
Même constat pour Mélodie, également en terminale.
"Dans d'autres pays, on voit que leur système fonctionne. Les élèves prennent plaisir à apprendre. Je ne comprends pas pourquoi on continue avec des journées de 8 heures à 18 heures. On part tôt le matin, on rentre tard, on dort moins, on mémorise moins bien. J'aimerais que ça change au moins pour mes enfants, ou mon petit frère"
Parents et enseignants aux côtés des lycéens
Le mouvement ne rassemble pas uniquement des élèves. Dans le cortège se trouvent également des enseignants et des parents.
Professeure d'espagnol, parent d'élève et citoyenne, Aude estime que les revendications exprimées sont légitimes. "On les accompagne pour parcourir le même chemin vers une même direction : une éducation plus juste pour tous."
Pour l'enseignante, plusieurs priorités ressortent : des classes moins chargées, davantage d'accompagnement pour les élèves à besoins particuliers, plus de remplaçants et davantage de moyens matériels.
"Quand on est 35 par classe, on ne peut pas faire de différenciation. On demande plus d'inclusion mais il n'y a pas suffisamment d'AESH. Plus de moyens, c'est aussi des locaux adaptés et des établissements fonctionnels."
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Le cortège a parcouru plusieurs rues du centre-ville sans qu'aucun incident ne soit signalé.
Crédit : SJ©2026-TOTEM
Une première réponse du gouvernement
Face à la mobilisation observée depuis plusieurs semaines dans de nombreux établissements, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la mise en place d'un "temps de démocratie interne" dans les lycées. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a précisé qu'il s'agirait d'une demi-journée banalisée organisée dans les établissements à partir du mercredi 7 octobre 2026.
Crédit : SJ©2026-TOTEM
Une annonce qui divise
À Brive, cette annonce ne laisse personne indifférent. Pour Zoé, Nélia et Soraya, élèves du lycée Simone-Veil, le gouvernement commence enfin à entendre le message envoyé par les lycéens. "Je trouve que c'est bien qu'on soit entendus depuis quinze jours.""Qu'ils répondent enfin à nos attentes."
À l'inverse, Bastien et Benjamin, élèves du lycée d'Arsonval, ne considèrent pas cette annonce comme suffisante. "Ça montre qu'ils ont peur. Il faut continuer, bien sûr." "On n'ira pas à ces ateliers démocratiques. Il faut continuer à bloquer pour montrer encore notre mouvement."
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